Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne OGM de Greenpeace, le 24 août 2010

OGM : le HCB prend des positions partisanes sans consulter ses membres : Greenpeace proteste

Paris, le 23 août 2010 – Dans un communiqué publié aujourd’hui, le HCB, Haut Conseil des Biotechnologies, a déploré « l’interruption de l’expérimentation de l’INRA sur des porte-greffes de vigne génétiquement modifiés à Colmar ».
En tant que membre du HCB, Greenpeace est choquée de la publication et de la teneur de ce communiqué de presse, sur lequel l’association n’a pas été consultée, pas plus que les autres membres du HCB. Greenpeace conteste l’expression publique du HCB sur des sujets (l’expression des citoyens et la désobéissance civile) qui ne sont pas de son ressort et s’interroge sur le fonctionnement du Haut Conseil, et sur la place qui est réservée à la société civile, aux ONG environnementales en son sein.
« Ce communiqué inutile donne l’impression d’un consensus sur un sujet qui n’a pas été discuté au sein du HCB et sur lequel existent de nombreuses divergences. On se demande si les ONG ne sont pas utilisées comme un simple alibi par la présidente du Haut Conseil ? » s’interroge Arnaud Apoteker, représentant de Greenpeace au HCB.

Diversion du ministre sur les essais et les fauchages, un mois après avoir autorisé en secret des maïs OGM
Cette déclaration étonnante et complètement inappropriée de la présidente d’un organisme de concertation censé être totalement indépendant a lieu la veille de la visite du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire sur la parcelle d’essai de vigne OGM à Colmar, neutralisée il y a moins de dix jours par les faucheurs volontaires.
Greenpeace s’oppose à toutes les disséminations d’OGM dans l’environnement, incluant les essais en plein champ, et considère que cet essai de vigne n’aurait pas dû être réalisé en extérieur.
« En venant aujourd’hui défendre des essais contestables, Bruno Le Maire oublie et tente de faire oublier qu’il a fait inscrire dans le plus grand secret plusieurs maïs OGM au catalogue français des semences il y a un mois. On se demande si le gouvernement n’est pas en train de préparer le retour des OGM dans les champs français ? » s’interroge Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 13 août 2010

Greenpeace au chevet du Golfe du Mexique et à l’assaut des projets fous des pétroliers

Paris, le 13 août 2010 – Voilà une semaine que la fuite provoquant la marée noire dans le golfe du Mexique a officiellement été stoppée. Mais les conséquences réelles de la catastrophe restent encore en grande partie inconnues. L’absence totale de réaction des pétroliers, des politiques face à l’évidence des risques que nous font courir les pétroles non conventionnels et le « tout pétrole » est scandaleuse. C’est pourquoi Greenpeace mobilise deux de ses trois navires.

Pendant trois mois, l’Arctic Sunrise va servir de base aux recherches de scientifiques américains sur les impacts de la marée noire et des dispersants chimiques sur la vie marine et sous-marine du golfe. Parallèlement, l’Esperanza a quitté Londres hier pour une destination encore inconnue, bien décidé à aller dénoncer les pires projets de forages très profonds.

L’Arctic Sunrise : connaître le vrai coût environnemental de cette marée noire
L’Arctic Sunrise est parti de St. Petersburg en Floride avant-hier pour sillonner l’archipel des Keys et le parc national des îles Dry Tortugas. Il approchera ensuite de la funeste plateforme Deepwater Horizon avant la fin du mois, examinant l’état du plancton, du corail, etc.

A titre d’exemple, des chercheurs de l’Université de Nova Southeastern en Floride, de l’Université de Tulane en Louisiane seront à bord pour étudier par exemple les éponges en tant que bio-indicateurs : elles filtrent de grandes quantités d’eau et sont donc très utiles pour constater l’impact toxique du pétrole et des dispersants. Ils étudieront aussi le plancton dans les environs de la plateforme Deepwater Horizon afin d’évaluer les impacts sur les larves de crabe bleu, de thon rouge, de daurade et d’autres espèces. Ils seront rejoints dès le mois de septembre par d’autres équipes de scientifiques.

Une marée noire au bilan déjà catastrophique et encore provisoire
Les dernières estimations (779 millions de litres déversés le long de 700 km de côtes américaines - Texas, Louisiane, Alabama, Floride) font de la fuite dans le golfe du Mexique le pire déversement de pétrole accidentel de toute l’histoire. A titre de comparaison, les traces de l’Exxon Valdez (déversement plus de 15 fois moindre) sont encore visibles 20 ans après. L’expérience montre que dans le cas d’une marée noire, on retire rarement plus de 10 % du pétrole de l’environnement. Le restant coule au fond de l’océan ou est ingéré par les animaux qui meurent ou développent des maladies. Le pétrole de BP restera dans l’écosystème pendant plusieurs décennies, avec de graves conséquences sur l’ensemble de la chaîne alimentaire du golfe du Mexique et des bayous de Louisiane, zone de reproduction de nombreux poissons, oiseaux, tortues et animaux marins.

L’Esperanza : contre les forages très profonds, pour une nouvelle politique énergétique
Les compagnies pétrolières ont une vision de très court terme, cherchant toujours à forer plus loin, plus cher, plus risqué, alors que l’évolution vers les énergies vertes est inévitable. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, pour limiter la hausse des températures sous la barre des 2°C, nous ne devons pas bruler plus du quart des réserves prouvées (réserves extractibles dans les conditions techniques et économiques actuelles) en fossiles (pétrole, gaz et charbon) d’ici à 2050.

L’Esperanza a quitté Londres et se dirige vers une destination… inconnue… Il est possible de suivre sa trajectoire sur http://www.greenpeace.org.uk/files/gobeyondoil/index.html

Les demandes de Greenpeace :

- Sortir des projets pétroliers à hauts risques : off-shore profond, sables bitumineux, forage sous l’Arctique… et sortir progressivement des fossiles d’ici à 2050.

- Réduire la demande en pétrole, notamment dans le secteur des transports.

- Développer les énergies renouvelables et les économies d’énergies.

Campagne OGM de Greenpeace, le 2 août 2010

Sans faire de bruit, la France autorise la culture de deux variétés de maïs OGM !

Paris, le 2 août 2010 – Le 20 juillet dernier la France, via le Ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, a inscrit en toute discrétion au catalogue des plantes autorisées à la culture en France deux variétés de maïs OGM T25. Concrètement cela signifie que ce maïs peut être cultivé dès aujourd’hui sur le territoire français, et très prochainement sur tout le territoire européen puisque l’inscription à un catalogue national entraîne automatiquement l’inscription au catalogue européen !

La France est ainsi le premier pays européen à autoriser la culture de cet OGM.
« Le gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM en France juste avant de partir en vacances, déclare Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France. Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit alors même qu’aucune réglementation de coexistence n’est en place aujourd’hui. Cela serait une catastrophe ! Nous demandons le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l’adoption par la France d’une clause de sauvegarde sur cet OGM. »

Une culture insensée et dangereuse en France
Ce maïs OGM a pour seule caractéristique d’être tolérant à un herbicide très toxique, le glufosinate. Ce dernier est d’ailleurs interdit d’utilisation sur les cultures de maïs. La culture du T25 n’a donc aucun intérêt mais peut s’avérer très dangereuse. En effet il est impossible de contrôler l’utilisation du glufosinate sur les champs cultivés avec cet OGM.

« La tolérance du T25 à un herbicide aussi toxique que le glufosinate représente un vrai risque de santé publique, ajoute Arnaud Apoteker. Les preuves de sa nocivité sont si évidentes qu’il figure parmi les 22 produits agrochimiques qui vont bientôt être retirés du marché en Europe ! »

Le glufosinate représente un risque considérable pour les agriculteurs, est nuisible pour les insectes des zones environnantes et est potentiellement dangereux pour les consommateurs qui ingèrent des aliments contenant des résidus de cet herbicide…

Et revoilà le MON810…
Le 20 juillet le France a aussi inscrit au catalogue 30 variétés de MON810. La France ayant une clause de sauvegarde sur cet OGM, cette inscription va permettre aux industriels français du maïs de cultiver et de vendre le MON810 à l’étranger.

« Le gouvernement français cède à la pression des industriels avec ces inscriptions au catalogue. Aujourd’hui l’Etat fait quelque chose d’inimaginable : il reconnaît que le MON810 représente un danger et applique une clause de sauvegarde sur son territoire et en même temps il permet la culture de ce dernier à l’étranger ! Qu’est-ce que cela signifie ? Ce qui est dangereux en France l’est moins pour les autres pays ? C’est une attitude scandaleuse vis-à-vis de nos voisins européens ! Si le gouvernement français admet que les OGM sont dangereux, il doit assumer son choix jusqu’au bout et retirer immédiatement du catalogue ces variétés de MON810 ! » conclut Arnaud Apoteker.

Il est bon de rappeler que les OGM T25 et MON810 sont autorisés en Europe depuis 1998 et que leur processus de ré-autorisation est en cours (une autorisation est donnée pour 10 ans). Mais les processus sont extrêmement lents et en attendant la décision de l’Union européenne, ces cultures restent autorisées jusqu’à son éventuelle ré-autorisation… Le principe de précaution ne s’applique donc pas dans ce cas et des cultures OGM qui ont plus de douze ans sont toujours cultivées !

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 27 juillet 2010

Marées noires : Greenpeace ferme 50 stations services à Londres

Paris, le 27 juillet 2010 – Alors que BP a annoncé ce matin une perte de 13 milliards d’euros sur les trois derniers mois et le remplacement du PDG Tony Hayward par Robert Dudley, Greenpeace a coupé ce matin l’approvisionnement en pétrole de 46 stations BP dans le centre de Londres, pour exiger de la société qu’elle aille effectivement « au-delà du pétrole ».

Les stations BP fermées pour « aller au-delà du pétrole »
Ce matin, les militants de Greenpeace ont coupé l’alimentation en pétrole de près de 50 stations BP dans le centre de Londres. Sur l’une de ces stations, le logo de l’entreprise a été remplacé par son emblème, une fleur stylisée verte, se couchant dans un océan de pétrole.

« Greenpeace veut ainsi demander au nouveau PDG, Robert Dudley, qu’il oriente enfin, dans les faits, la stratégie de BP (« Beyond Petroleum ») vers l’après-pétrole », souligne Anne Valette, chargée de campagne climat à Greenpeace France. « Rappelons qu’au large de la Louisiane, 11 travailleurs ont été tués, 700 millions de litres de pétrole se seraient déversés, 6,5 millions de dispersants hautement toxiques ont été répandus dans l’océan. Le Golfe du Mexique, ses habitants, sa faune et sa flore paient un tribut bien plus lourd que BP à la marée noire ».

Tirer les leçons de l’irresponsabilité des pétroliers
Cela fait plus de trois mois que la plateforme Deepwater Horizon détruit l’environnement, et si la fuite est, pour le moment, stoppée grâce à une solution provisoire, le problème n’est toujours pas définitivement réglé. Cette marée noire devrait servir d’avertissement, pour pousser les industriels et les pouvoirs publics à repenser une politique énergétique d’avenir. Or, aucune orientation décisive en matière de production énergétique n’est prise. On parle de renforcer les règles de sécurité sur les plateformes, mais c’est insuffisant : tous les acteurs admettent que le risque zéro n’existe pas. Les pétroliers, à la poursuite de cette ressource de plus en plus rare, vont chercher l’or noir toujours plus profond, plus cher, et prennent toujours plus de risques pour l’extraire.

« Les grandes compagnies du pétrole investissent ainsi massivement dans les sables bitumineux du Canada, s’engagent dans des projets de forages très profonds en mer, par exemple dans le Golfe de Guinée » détaille Anne Valette. « Elles ont toutes les yeux rivés sur l’Arctique, qui contiendrait 13 % des réserves mondiales de pétrole non exploitées. Les pétroliers se voilent la face, ils iront pomper l’or noir jusqu’à la dernière goutte, sans penser au lendemain. »

Une seule solution : sortir du pétrole
Selon les scientifiques, pour arriver à contenir la hausse des températures en dessous des deux degrés, nous devons utiliser moins d’un quart des réserves fossiles prouvées d’ici à 2050. Ce sont les réserves extractibles dans les conditions techniques et économiques actuelles. Sortir des énergies fossiles et polluantes est une question de vision stratégique de long terme : l’évolution vers les énergies vertes est inévitable. Anticiper cette évolution serait faire preuve d’une réelle vision stratégique. Et il ne s’agit pas uniquement de défendre la cause environnementale et climatique, il est aussi question d’intérêts financiers.

« Greenpeace demande l’arrêt immédiat des projets pétroliers non-conventionnels à hauts risques : off-shore profond, sables bitumineux, et forage sous l’Arctique. » explique Anne Valette. « Les gouvernements doivent eux aussi prendre part à la nécessaire révolution énergétique, en favorisant le développement des énergies vertes, et en arrêtant les subventions à l’extraction des énergies fossiles. »

Campagne OGM de Greenpeace, le 13 juillet 2010

La Commission veut assouplir la réglementation sur les cultures d’OGM en Europe : une manœuvre pour leur ouvrir grandes les portes de l’Union

Paris, le 13 juillet – Aujourd’hui, la Commission européenne a proposé d’accélérer la procédure d’autorisation des cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le territoire européen. En échange du droit de chacun des Etats membres d’interdire la culture d’OGM sur son territoire –droit qui par ailleurs existe déjà- il faudrait qu’ils opposent moins de résistance lors du processus d’autorisation au niveau européen.

La Commission espère que sa proposition permettra de sortir la procédure d’autorisation de l’impasse dans laquelle elle est enfermée depuis une dizaine d’années. Le texte promet de codifier ce qui en réalité existe déjà dans les faits.

La proposition d’aujourd’hui de faciliter les autorisations européennes de cultures d’OGM vient à contre-courant de ce que les ministres européens de l’Environnement avaient unanimement demandé en 2008, à savoir un renforcement de la procédure d’autorisation, prenant enfin en compte les risques pour l’environnement.

« Ce qui pourrait passer pour une avancée notoire n’est en fait qu’un cadeau empoisonné. Cette proposition est en fait une tentative de marché de dupe. La possibilité d’interdire les OGM existait déjà avec la possibilité d’activer une clause de sauvegarde nationale, comme ce fut le cas en France en 2008 avec le MON 810, explique Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France. Cette proposition de la Commission ne permettrait donc qu’une avancée sommaire en terme de liberté de choix par les Etats membres, mais elle facilitera par contre les autorisations de mise en culture d’OGM mal évalués au niveau Européen, et donc pour les Etats membres dits « pro OGM », poursuit-il.

La proposition de la Commission autoriserait les États membres à interdire les cultures d’OGM en invoquant des risques de contamination des cultures conventionnelles, ce qui constitue une avancée par rapport à la législation actuelle. Toutefois, la proposition ne permettra pas que les États membres interdisent la culture d’OGM pour des motifs – pourtant sérieux – liés à l’environnement et à la santé (déjà pris en compte dans les textes européens) alors même qu’ils ont été unanimes à constater l’insuffisance de l’évaluation environnementale et sanitaire des OGM.

« Cette proposition ne crée par de nouveau droit : rien n’est proposé pour renforcer l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux comme souhaité par les Ministres de l’environnement depuis 2008. Par contre, elle ouvre la porte à de nombreuses cultures OGM et à de potentielles contaminations transfrontalières, à de possibles distorsions de concurrence, à la disparition de l’agriculture biologique de régions européennes entières. » conclut-il.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 13 juillet 2010

Areva et EDF forcées de reconnaître que le taux de recyclage du nucléaire n’est pas de 96 % mais de 12 % !

Paris, le 13 juillet 2010 – Aujourd’hui le Haut comité sur la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) remet son rapport. Il avait été saisi par Jean-Louis Boorlo et par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques pour faire la lumière sur la gestion des matières et des déchets nucléaires.

Rapport consultable en ligne, cliquez ici

Le rapport présente (seulement) deux avancées majeures : d’abord le taux de recyclage annoncé dans le rapport est loin, très loin de celui habituellement mis en avant dans la communication d’Areva. Alors que l’industriel communique partout autour d’une énergie recyclable à 96%, le rapport annonce une économie d’uranium liée au recyclage de 12% ! Le collège associatif a même pu établir que sur les dernières années le taux effectif de recyclage se situe entre 3,9 et 1,7% (Voir pages 5 et 6 du document http://bit.ly/dyqOxY). Dans la même veine, la communication des industriels autour du « cycle » nucléaire est condamnée. Le rapport fait la preuve que certains déchets ne sont jamais réutilisés et qu’on ne peut donc pas parler de « cycle fermé ».

« Ces deux exemples prouvent qu’en France le nucléaire ne survit pas à la transparence, déclare Christine Gilloire de FNE. Les industriels ne vont plus pouvoir faire croire que le nucléaire est une énergie propre et renouvelable. Et faire reposer l’avenir des déchets accumulés sur une hypothétique génération 4 est parfaitement illusoire. »

Un rapport basé sur une démarche positive mais perverti par les industriels
Alors que la plupart des participants au Haut comité ont montré une bonne volonté franche, les industriels et les exploitants (EDF et Areva) ont su profiter d’une faille méthodologique pour tourner progressivement le rapport plutôt à leur avantage.

Une partie du collège associatif décide donc de ne pas avaliser le rapport en soulignant que le principe même du Haut comité et sa bonne volonté ne sont pas en cause.

Ils demandent que la diffusion du rapport soit accompagnée d’une note sur leurs points de désaccord, rédigée avec Yves Marignac (WISE-Paris), expert invité du groupe de travail (consultable ici).

« Nous sommes extrêmement déçus par la qualité du rapport, ajoute Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire de Greenpeace France. Le travail a, en majorité, été positif. Nous avons eu accès à des informations inédites et nous avons pu faire avancer la transparence là où l’opacité régnait. Le problème méthodologique que nous avons rencontré a malheureusement permis à EDF et Areva de rester flou sur certains sujets ou de modifier le rapport sans aucune validation. »

Des points de fond pas assez étudiés
Certains sujets évoqués dans le rapport ne sont pas suffisamment traités en profondeur. Par exemple, la dimension historique n’est pas prise en compte, ce qui apparaît comme une aberration : le bilan fait du « cycle » nucléaire est incomplet en ne donnant qu’une synthèse approximative des bilans actuels qui ne reflète ni les difficultés rencontrées dans les années passées ni la question de la gestion de l’accumulation de stocks passés.

« Le rapport est incomplet sur certains points et nous sommes en désaccord sur d’autres. Nous ne pouvions cautionner un tel document. Il ne s’agit pas, pour nous, de condamner le HCTISN mais bien de réclamer plus de moyens et plus de temps pour lui assurer un fonctionnement optimal » conclut Pierre Barbey de l’ACRO.

Campagne Océans de Greenpeace, le 9 juillet 2010

La Mission Pêches Profondes : une imposture

La Mission Pêches Profondes entérine la destruction des écosystèmes profonds en cette année 2010 de la biodiversité, chapeau bas !

Paris le 9 juillet 2010 - Après 9 mois de laborieux travaux, la Mission Pêches Profondes (MPP), mandatée par les deux ministres de la Pêche et de l’Ecologie lors du Grenelle de la Mer est un échec cuisant à tous points de vue. Les ONG participantes récusent aujourd’hui le rapport produit par Alain Biseau de l’IFREMER, rapporteur de la Mission présidée par le député-maire de Pornic, Philippe Boënnec.

Un rapport qui ne répond pas à la lettre de Mission
La Mission Pêches Profondes n’a pas répondu à sa lettre de mission dont l’objectif principal était de « s’assurer que les pêches en eaux profondes sont viables économiquement, socialement et écologiquement, pour que leur poursuite, éventuellement adaptée, puisse être envisagée. ». Cet objectif s’inspirait de la logique des dernières résolutions des Nations unies encadrant les pêches profondes. En effet, depuis 2006, deux résolutions exigent que les pêches profondes apportent la preuve que leurs pratiques n’impactent pas de façon significative les habitats profonds et les espèces qui les peuplent pour pouvoir opérer. Dès le début, la mission a refusé d’adopter une quelconque méthodologie qui aurait permis d’approcher cet objectif et a avancé de façon aléatoire sur un dossier complexe en dépit des alertes régulières lancées par les ONG. Le résultat est accablant, et se caractérise par une absence de transparence et de crédibilité. Dans cet exercice de manipulation de l’information servi par une connivence entre les représentants de la pêche profonde et le rapporteur, ce rapport tente de faire croire que les pêches profondes sont durables, écologiquement acceptables, et comble de l’imposture, qu’elles sont rentables économiquement. A cette fin leur impact a été minimisé à outrance, et les données économiques soigneusement écartées ou déformées.

Des conclusions biaisées et orientées
Les conclusions de la mission en matière de rentabilité économique s’inscrivent en complète contradiction avec le bilan économique des trois principaux armements concernés. Ces sept dernières années (2002 à 2008), ces trois armements totalisant 95% des débarquements de poissons profonds présentent une perte cumulée en résultat d’exploitation de moins 7,32 millions d’euros (M€) pour la Scapêche, de moins 9,9 M€ pour Dhellemmes et de moins 4,01 M€ pour Euronor (sur 2006-2008 dans ce cas), sans arriver à l’équilibre si on y rajoute le montant des diverses subventions. En outre, leurs activités très consommatrices de gazole, environ 7 000 litres/jour pour un chalutier de 40 mètres pour 1000 litres/jour pour un chalutier de moins de 25 mètres, les rend particulièrement vulnérables à l’augmentation des prix du pétrole. Ce facteur suffirait en lui-même à mettre en cause la durabilité de ces pêches comme le souligne, dés 2006, le rapport Poséidon du Secrétariat Général Mer rattaché à Matignon.

Un rapport ubuesque sur le plan environnemental
Sur le plan environnemental, ce rapport réalise le tour de force de s’inscrire en faux avec l’ensemble de la littérature scientifique internationale et de présenter favorablement une pêche qui est en porte-à-faux avec les exigences de l’approche écosystémique aujourd’hui nécessaire dans la gestion des pêcheries. La mission n’a finalement pas abordé la prise en compte des impacts de la pêche sur les écosystèmes ou sur les autres espèces. Elle a mis de côté la question des prises accessoires, constituées entre autres de requins menacés d’extinction. Son égarement la pousse même à préconiser de financer sur les fonds publics une démarche de certification écologique des pêches profondes d’Atlantique nord-est alors que 100% des populations de poissons profonds ciblés sont en dehors des limites de sûreté biologique ! Alors que les dernières recommandations scientifiques de référence comme celles du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) préconisent de nouvelles réductions des captures pour 2010, la question de la durabilité économique de ces pêches se pose donc avec encore plus d’acuité. La mission quand à elle, a pris soin d’éviter cette question pourtant centrale…

Pour plus d’informations sur la réalité de la pêche profonde et les raisons de la non-durabilité écologique et économique, voir la note des ONG « Recommandations et pistes d’adaptation », à télécharger sur www.greenpeace.org et www.wwf.fr

Campagne Forêts de Greenpeace, le 7 juillet 2010

L’Union Européenne fait un pas important vers l’interdiction du bois illégal

Paris, le 7 juillet 2010 – l’Europe a décidé de faire un pas vers l’interdiction du bois illégal sur le marché européen. Le Parlement européen a en effet voté aujourd’hui une loi censée bannir le bois illégal de l’un des plus grands marchés mondial pour le bois. L’Europe importe une importante quantité de bois illégal, principalement de pays où la gouvernance est très faible et l’Etat impuissant. Des compagnies prédatrices et des mafias peuvent donc impunément y causer de grands dégâts environnementaux, sociaux et littéralement piller les populations.

Marion Cotillard face au pillage des forêts et du bois congolais
Au début du mois de juin, l’actrice française a accompagné des membres de Greenpeace en République démocratique du Congo pour témoigner de la situation.de ses forêts : « J’ai vu à quel point l’exploitation du bois menace les dernières forêts intactes de la planète. Elles sont littéralement dévorées de l’intérieur. Cet extraordinaire écosystème qui permet à des dizaines de millions de personnes de vivre et de survivre, et qui est le 2ème poumon de la planète est en danger » déclarait-elle à son retour.

A travers 7 vidéos diffusées sur Internet, l’actrice témoigne de la nécessité absolue de cette loi sur le commerce du bois tropical et d’une vraie protection des forêts congolaises : www.greenpeace.fr/forets-en-sursis

« Cette loi est un signe fort envoyé à un marché destructeur. Elle va obliger les entreprises à arrêter de vendre du bois illégal et à assainir leurs approvisionnement » explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace France.

Un très long chemin reste à parcourir
Au delà de l’interdiction du bois illégal du marché européen, d’autres étapes importantes doivent être franchies pour réussir à vérifier concrètement que les produits bois qui entre en Europe ne sont pas d’origine illégale en traçant jusqu’à la zone d’exploitation l’origine du bois. Les contrevenants devraient être sanctionnés en proportion du dommage environnemental causé. Malheureusement, les Etats membres ne mettent en place à travers cette loi que de faibles sanctions. Et les produits papiers, imprimés sont totalement exclus du processus pour au moins cinq ans tandis que la loi ne sera pas appliquée avant deux ans.

« Greenpeace va rester extrêmement vigilant et s’assurer que la loi renforce vraiment les contrôles et qu’elle est réellement appliquée. Beaucoup reste à faire pour réduire l’impact environnemental de l’Europe sur le monde et notamment sur les forêts. L’agriculture est aujourd’hui le premier moteur de la déforestation et les agro carburants risquent encore d’aggraver cette tendance. Il faut rapidement un financement de la protection des dernières forêts tropicales intactes par les pays riches pour permettre une lutte efficace contre la déforestation et les changements climatiques » explique Grégoire Lejonc.

Une victoire d’étape, après dix années de campagne acharnée
Depuis le lancement de cette campagne internationale contre le bois illégal, les activistes de Greenpeace ont été sur tous les fronts, bloquant des ports, accostant de bateaux, dénonçant des chargements de bois illégal en provenance d’Amazonie ou du basin du Congo, de Russie ou du sud est asiatique.

Parmi les grands « scandales » révélés par Greenpeace, en 2003 l’achat de « bois de guerre » en provenance du Libéria par un des plus grands négociants de bois européen ou encore l’utilisation de bois illégal dans la construction de bâtiments publics en Angleterre, en Espagne ou dans des bâtiments de l’Union Européenne à Bruxelles… A chaque scandale dénoncé apparaissait un peu plus l’impérative nécessité de réglementer un marché totalement anarchique.

Campagne Forêts - L'actualité de Greenpeace, le 6 juillet 2010

Forêts : Marion Cotillard s’engage pour défendre les forêts, en amont d’un vote d’une loi sur les importations de bois et de papier en Europe

Paris, le 06 juillet 2010 – À la veille d’un vote décisif sur une future loi européenne sur le bois, Greenpeace diffuse sur Internet une série de vidéos inédites dans lesquelles Marion Cotillard témoigne du pillage des forêts du Congo.

L’actrice française Marion Cotillard s’est rendue, début juin, une semaine au cœur des forêts tropicales de République démocratique du Congo (RDC) avec des membres de Greenpeace France et de Greenpeace Afrique. Marion Cotillard est depuis longtemps engagée pour l’environnement et notamment pour la protection des forêts anciennes.
“Pendant ces jours passés sur le terrain avec Greenpeace, j’ai pu voir comment l’exploitation massive du bois menace les dernières forêts intactes de la planète. C’est à la fois un écosystème extraordinaire, le cadre de vie de millions d’habitants et aussi le deuxième poumon vert de la planète qui est en dange”, explique l’actrice.

7 films inédits sur internet, pour protéger les forêts du Congo
Dans un carnet de voyage web composé de 7 courts épisodes et à visionner sur www.greenpeace.fr/forets-en-sursis, Marion Cotillard va à la rencontre des victimes de ce pillage des forêts congolaises. Les populations forestières sont otages d’une extrême pauvreté et d’exploitants peu scrupuleux, souvent présentés comme une promesse de développement. Marion a constaté l’écart entre la réalité du terrain et les discours tenus en Europe ou à Kinshasa sur les meilleurs moyens de protéger la forêt.

Vote décisif sur une future règlementation européenne sur le bois
Alors que ces films sortent, l’Union européenne devrait mercredi 7 juillet faire un pas important vers une future loi pour mieux réguler le commerce du bois, et notamment le bois tropical. Ce marché est encore l’un des moins contrôlés au monde et l’Europe est le premier client du bois africain.

Cette exploitation échappe à tout contrôle. Les fonctionnaires congolais censés surveiller ces forêts sont sous payés, sous équipés, reprend l’actrice. Là bas, les lois forestières ne sont pas respectées. Et chez nous, en Europe, aucune vraie loi n’empêche pour l’heure l’importation de bois illégal. Quand le consommateur achète un produit en bois africain, rien ne l’informe sur l’origine de ce bois ni sur les conditions dans lesquelles il a été coupé“, explique encore Marion Cotillard.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 18 juin 2010

Combien de marées noires avant la révolution énergétique ?

Paris, le 18 juin 2010 – Quatre semaines après l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique, et alors que le Président Barack Obama affiche de louables ambitions mais trop peu de mesures concrètes, Greenpeace rappelle qu’il est non seulement nécessaire mais aussi tout à fait possible de réduire la dépendance aux fossiles et de changer de paradigme énergétique.

« Couper le cordon ombilical qui lie les sociétés industrialisées aux énergies fossiles et polluantes, pétrole mais aussi charbon et nucléaire, n’est qu’une question de volonté politique, déclare Anaïz Parfait, en charge de la campagne Climat de Greenpeace France. Le nouveau scénario [R]évolution énergétique de Greenpeace montre qu’il est possible de s’affranchir à la fois du pétrole, du charbon et du nucléaire, tout en créant des emplois durables et en réduisant notre facture énergétique. »

Pour découvrir le scénario [R]évolution énergétique, rendez-vous ici : http://bit.ly/RevolutionEnergetique

Sortir du pétrole, du charbon, du nucléaire, c’est possible
La réédition du scénario [R]évolution énergétique, réalisé par Greenpeace et les experts du Conseil européen pour les énergies renouvelables (Erec), démontre notamment qu’en améliorant l’efficacité énergétique et en faisant le choix des renouvelables, la demande totale de pétrole à l’échelle mondiale peut être réduite de 70 % d’ici à 2050. À cette date, les énergies renouvelables pourront couvrir jusqu’à 80% de nos besoins, la part de l’électricité d’origine nucléaire ne représentant plus que 1 % dès 2030.

Des gains économiques sans précédent
Le scénario met aussi en avant l’intérêt économique de changer de modèle énergétique : une réduction de 30% notre facture énergétique à terme et la création de 12 millions d’emplois d’ici à 2030, dont 8,5 millions dans le secteur des renouvelables.

« Si nous n’inversons pas la tendance actuelle, les coûts de l’approvisionnement électrique vont pratiquement doubler d’ici à 2020, ajoute Anaïz Parfait. Les énergies renouvelables n’induisent aucun frais de combustible, le vent ou le soleil sont gratuits. Ainsi, une économie de 6 500 milliards de dollars pourrait être réalisée d’ici à 2030. »

Une solution à l’urgence climatique
La mise en place du scénario induirait une réduction de 80 % de nos émissions de CO2 à l’horizon 2050, ce qui correspond aux préconisations des experts du climat. Le scénario [R]évolution énergétique détaille des feuilles de route claires pour les nations industrialisées comme les pays en développement, qui montrent que tous peuvent atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pour limiter l’augmentation des températures mondiales en deçà de 2°C, il est nécessaire d’inverser d’ici à 2015 la courbe des émissions mondiales de gaz à effet de serre, en croissance constante, pour les réduire au plus vite à un niveau proche de zéro. Pour cela, l’Europe doit s’engager à réduire de 30 % ses émissions d’ici à 2020, première étape vers un engagement nécessaire de l’ensemble des pays industrialisés à une diminution de 40 % à horizon 2020. Dans le même temps, les pays en développement doivent réduire de 15 à 30 % la croissance de leurs émissions.

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