Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne Océans de Greenpeace, le 3 février 2010

Les thoniers senneurs : quand Crésus joue les cosettes

Paris, 3 février 2010 – L’annonce du gouvernement, même faible, a provoqué une déferlante de jérémiades du côté des thoniers senneurs, qui crient à l’asphyxie de leur profession. D’abord, il ne faut pas confondre les industriels du thon et les petits pêcheurs. De plus, pour ces industriels, de nombreux subsides, français et européens, ont été généreusement accordés.

« Les thoniers industriels traquent le thon rouge en Méditerranée grâce à un matériel de pointe et à des bateaux qui ressemblent plus à des yachts qu’à des barques de pêcheurs » explique François Chartier, chargé de campagnes Océans à Greenpeace France. « Si on se penche sur les chiffres, on se rend compte que les industriels du thon sont une toute petite minorité qui ont brassé des millions d’Euros d’aides publiques ».

150 emplois sur les thoniers senneurs en 2010
La flotte des thoniers senneurs française comptait 28 bateaux en 2009, avec 10 à 15 emplois par bateau. Ces marins sont employés pendant la saison de pêche, pour un mois de l’année en mer.

Le journal le Marin du 8 janvier dernier, le Languedoc Roussillon, où se trouvent les principaux ports d’attache de ces bateaux, recensait seulement 88 marins employés en haute mer sur ces thoniers. Enfin, courant 2010, une douzaine de ces bateaux devrait profiter d’un plan de sortie de flotte de 20 millions d’Euros de fonds européens, pour aller à la casse, afin de réduire la pression sur la ressource.

La manne des subsides publics
Les armateurs de bateaux ont pu cumuler des aides européennes, françaises et régionales jusqu’à 3 millions d’Euros pour financer leurs bateaux, qui coûtent de 5 à 6 millions d’Euros au total. De plus, l’Europe et ses états membres ont consacré en 2009 80 millions d’Euros à la surveillance des bateaux de pêche au large, dans la Méditerranée, afin de vérifier qu’ils ne pêchent pas plus que leur quota. Le quota de pêche pour la France était en 2009 de 3000 tonnes environ, pour du poisson vendu autour 4 Euros le kilo, cela représenterait donc un chiffre d’affaire de 12 millions d’Euros.

« Les thoniers se plaignent de l’interdiction du commerce international, mais c’est bien l’argent des citoyens qui financent leur business ! » précise François Chartier.

Les pêcheurs artisanaux respectent la ressource, pas les thoniers
La pêche artisanale représente dans ce secteur environ 600 emplois. Ces pêcheurs vivent du thon rouge, mais aussi d’autres espèces. Ils pêchent aujourd’hui une toute petite part du quota de thon rouge (300 tonnes), et doivent pouvoir continuer à pratiquer une pêche durable, sans pillage de la ressource. L’interdiction du commerce international n’empêche pas la pêche dans les eaux territoriales, en Méditerranée jusqu’ à 20 km des côtes. Les thoniers industriels seront donc touchés, car ils vont pêcher en haute mer pour traquer les poissons restants. La création d’une zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée, au-delà des eaux territoriales, doit être portée par la France pour la survie des petits pêcheurs.

« Il est insupportable qu’une minorité pille un bien commun et asphyxie une pêche traditionnelle millénaire. » conclut François Chartier « Ce sont les thoniers industriels qui se sont engraissés sur le thon rouge, et c’est à eux qu’on voudrait laisser deux saisons de pêche de plus, alors que l’Italie nous appelle à un moratoire ? »

Campagne Océans de Greenpeace, le 3 février 2010

Thon rouge : La France plie devant les pêcheurs, tout en voulant sauver les apparences

Paris, 3 février 2010 – La France a enfin arbitré pour le classement du thon rouge en annexe 1 à la Cites en mars prochain, en demandant un délai de mise en œuvre de 18 mois, ce qui sape toute la portée de sa position déclarée.

« Le gouvernement, et notamment Nicolas Sarkozy, qui devait arbitrer sur ce sujet, prétend jouer les sauveurs du thon rouge. On nous dit en substance : sauvons l’espèce, mais pas tout de suite ! », commente François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace. « Le délai demandé pour mettre en oeuvre l’interdiction du commerce international est absurde : cela revient à passer à l’action après la bataille pour la survie du thon rouge !  »

18 mois de mise en œuvre, c’est attendre la fin du thon pour agir
Reconnaître que le classement en annexe 1 est nécessaire, c’est admettre l’urgence de la situation et la gravité de la menace qui pèsent sur l’espèce. Rappelons que selon les dernières évaluations scientifiques, il reste moins de 15% de la population de thon rouge en Méditerranée, ce qui est un critère pertinent pour classer l’espèce, selon le comité scientifique de l’Iccat, organisation qui gère la pêche au thon. Dès lors, demander 18 mois pour la mise en œuvre de la mesure revient à attendre qu’il n’y ait plus de thons rouges pour agir. Cela permet encore deux saisons de pêche et autorise à ponctionner toujours plus l’espèce ! Pourquoi ce délai? Le gouvernement achète ainsi la paix sociale avec les pêcheurs, dans une période d’élections régionales.

Nicolas Sarkozy se défausse sur ses ministres
Suite à la cacophonie gouvernementale, l’arbitrage devait se faire au plus haut niveau politique. Ce sont pourtant les ministres qui ont fait l’annonce officielle aujourd’hui. Après une déclaration de Nicolas Sarkozy en clôture du Grenelle de la mer en juillet dernier au Havre pour l’interdiction du commerce international, le Président ne pouvait que laisser cette déclaration aux membres de son gouvernement. Le classement en annexe 1 entraîne l’arrêt de la pêche en haute mer, et touche donc les 28 thoniers senneurs que comptait encore la flotte française en 2009.
« Tout en appelant à l’ordre républicain, M. Sarkozy tremble devant une poignée de pêcheurs qui menacent de bloquer les ports. Suffit-il de menacer de bafouer l’ordre public pour faire plier la république ?», questionne Pascal Husting, directeur exécutif de Greenpeace France « Le manque de courage politique de la France est flagrant sur cette question ! »

Quelle position au niveau européen ?
La France est coupable d’avoir armé elle-même les bateaux industriels de pêche, les thoniers senneurs, à coups de subventions publiques (3 millions par bateau, sur un coût global de 5 à 6 millions d’Euros). Ces bateaux sont les principaux prédateurs des thons rouges adultes, responsables de l’effondrement de l’espèce sur les 20 dernières années. Aujourd’hui, la France doit admettre ses erreurs passées et s’investir pour que l’Union européenne porte un classement en annexe 1 à la Cites en mars prochain.
« Dans le sillage de l’Italie, qui s’est déjà positionnée pour le soutien à l’interdiction du commerce international, la France devra prendre ses responsabilités au niveau européen », conclut François Chartier. « Les négociations pourraient se conclure entre les 27 avant l’entrée en fonction de la nouvelle Commission, en début de semaine prochaine ».

Campagne Océans de Greenpeace, le 2 février 2010

Décryptage de la cacophonie gouvernementale sur le thon rouge

Paris, 2 février 2010 – Classement du thon rouge en annexe 1 avec ou sans condition ? Délais de 12 ou de 18 mois ? Bruno Le Maire, Jean-Louis Borloo, François Fillon, Nicolas Sarkozy : qui a le dossier en main ? Les récents articles de presse rapportent des positions divergentes et font écho à la cacophonie gouvernementale sur le dossier brûlant du thon rouge. Un flou artistique qui incite à la méfiance. Quelques éléments d’analyse, pour tenter d’y voir plus clair…

La position française : tentative de ménager la chèvre et le chou
Reconnaître la nécessité d’un classement en annexe 1, c’est admettre que l’espèce est menacée. Les dernières évaluations scientifiques estiment que la population de thon rouge en Méditerranée est aujourd’hui inférieure à 15 % de la population d’origine. C’est un des critères pertinents pour un classement en annexe 1 à la Cites.

Apparemment, la France s’orienterait vers un soutien à l’annexe 1, mais avec un délai de mise en œuvre. Cela revient à reconnaître qu’il faut sauver d’urgence le thon rouge mais qu’on le protègera après sa disparition…

Flou artistique sur les délais de mise en œuvre
A moins que la France ne se positionne en faveur d’une annexe 1 sans délais ni condition et adopte pour un moratoire national immédiat – ce qu’a fait l’Italie –, la saison de pêche 2010 aura lieu (mi-mai à mi-juin). Car il faut 90 jours pour que les mesures prises à la Cites soit effectives.

Le délai de 12 à 18 mois que la France pourrait soutenir prendrait-il effet après ces 90 jours de carence, ou les annulerait-il ? La saison de pêche 2011, avec une autre ponction désastreuse sur l’espèce, en dépend.

Les thons pêchés en mai/juin sont engraissés pendant plusieurs mois, en Méditerranée, avant d’être vendus essentiellement au Japon, en janvier-février de l’année suivante. Un contrat de vente préalable peut être signé avant engraissement. L’interdiction du commerce international prendra-t-elle effet à la date de la signature du contrat de vente (12 mois de mise en œuvre) ou de la vente effective (18 mois de mise en œuvre) ? Qu’adviendra-t-il alors des thons pêchés et engraissés ?

Bruno Le Maire défend une poignée de pêcheurs industriels, pas le petit métier
Le classement en annexe 1 entraîne l’interdiction de toute pêche en haute mer, considérée comme une importation, donc un échange international. En revanche, la pêche dans les eaux territoriales et les zones économiques exclusives (ZEE) resterait autorisée car elle est à destination d’un marché national.

Les véritables prédateurs du thon rouge, les thoniers senneurs, ces industriels de la pêche, ne pourront donc plus pêcher. En revanche, les pêcheurs artisanaux doivent pouvoir continuer à pratiquer une pêche durable et millénaire dans une ZEE qui serait étendue à des zones où on peut pêcher le thon en quantité suffisante, plus au large.

Participez à notre mobilisation pour le thon rouge

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 1 février 2010

Date butoir du 31 janvier : le « pseudo accord » de Copenhague conduit la planète vers une augmentation de 3°C

Paris, le 1er février - C’était hier, 31 janvier, que les pays soutenant l’ « Accord de Copenhague » devaient rendre publics leurs objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre à l’échéance 2020. Un mois après le Sommet, aucun gouvernement n’a rehaussé ses ambitions, répétant les mêmes erreurs qui nous ont amenées au fiasco de Copenhague. Cette première étape interroge sur l’utilité même du processus et confirme le risque d’une augmentation des températures au-delà de la limite des 2°C établie par la communauté scientifique.

Le 31 janvier était le premier rendez-vous de l’après Copenhague fixé par le plan d’action concocté par les principaux pollueurs de la planète en décembre dernier. Le résultat est pour le moins inquiétant, dans la mesure où il ne marque aucune avancée dans les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre publiés par les pays industrialisés. Les annonces de la semaine dernière ne sont qu’un recyclage des objectifs annoncés avant même Copenhague. « Aucun progrès, aucune contrainte. L’échéance du 31 janvier n’est qu’une vaste opération de relations publiques pour les gouvernements qui tentent de revendre leurs vieilles annonces… C’est à se demander à quoi sert ce processus ! », s’interroge Karine Gavand, chargée de campagne climat pour Greenpeace France.

Et les objectifs affichés conduisent la planète vers une augmentation des températures moyenne d’environ 3°C en comparaison avec la période « pré-industrielle », ouvrant la voie à une véritable catastrophe climatique. Greenpeace publie un rapport qui examine plus en détail les implications de telles augmentations de températures et leurs conséquences sociales, économiques et environnementales.

« Les pays qui soutiennent l’accord de Copenhague, refusant de tirer les leçons de l’échec de décembre dernier, ont pris des engagements – qui ne les engagent pas vraiment - nous orientant vers une intensification dramatique des changements climatiques », explique Karine Gavand. « La date du 31 janvier n’est qu’une première occasion pour tenter de recycler les objectifs désespérément hors sujet des grands pays pollueurs. Ils tentent de faire avaler ce non-accord de Copenhague aux pays les plus vulnérables et aux millions de personnes qui se sont mobilisées pour le climat en 2009 », poursuit Karine Gavand.

Les objectifs des pays industrialisés aboutissent à une réduction de 11 à 19% de leurs émissions. Les îles Marshall, parmi les plus petites îles du Pacifique, ont annoncé -comme un pied de nez aux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre- qu’ils allaient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020. C’est précisément ce qui est exigé des pays industrialisés par la science du climat pour rester sous la barre des 2°c. Les îles Marshall sont à seulement 2 mètres au dessus du niveau de la mer et sont en grand danger si le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans se confirment et s’intensifient.

La faiblesse des objectifs de réduction d’émissions et l’absence de contraintes pesant sur les pays signataires de l’ « Accord de Copenhague » ne peuvent que laisser perplexe quant au respect des autres engagements : les financements de l’adaptation aux conséquences des changements climatiques pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables et l’atténuation de l’impact des pays en développement sur le dérèglement du climat. « Le processus politique qui préside à la lutte contre les changements climatiques doit revenir dans le giron des Nations Unies. Mais pour l’heure, nous sommes consternés par l’attitude du numéro 1 de l’ONU sur le climat, comme par le ministre du gouvernement danois, qui minimisent déjà les ambitions de l’année. Les Nations Unies doivent redoubler d’efforts pour conclure le Traité dont le monde a désespérément besoin au Mexique », conclut Karine Gavand.

Campagne OGM de Greenpeace, le 28 janvier 2010

Nouveau guide OGM de Greenpeace en ligne : en direct sur votre smartphone, faites vos courses sans OGM

Paris, le 28 janvier – Après les Guides des produits avec ou sans OGM imprimés régulièrement depuis 1998, Greenpeace met gratuitement à la disposition des consommateurs un nouveau guide en ligne. Le principe est simple : les personnes possédant un téléphone multimédia (Iphone ou Androïd) peuvent d’ores et déjà télécharger l’application « guide OGM » et - tout en faisant leurs courses - savoir si la viande, le poisson ou encore le lait qu’ils achètent sont issus d’animaux ayant consommé des OGM. Ce guide est également disponible sur internet.

Plus de transparence et d’interactivité
« La grande nouveauté de ce guide en ligne, c’est l’interactivité. Les produits sont classés par catégories alimentaires et il est également possible de faire des recherches directement par marques, explique Rachel Dujardin, chargée de campagne pour Greenpeace France. Grâce aux nouveaux terminaux multimédias, le consommateur peut vérifier en temps réel, dans son supermarché, si le produit qu’il s’apprête à acheter exclut les OGM ou pas. Mais surtout, ce guide est réactualisable et un produit peut passer d’une catégorie à l’autre si sa composition ou son mode de fabrication a changé. »

La législation européenne impose l’étiquetage des produits contenant des OGM mais environ 80% des viandes, œufs, lait, etc. sont issus d’animaux ayant consommé des OGM et ceci n’est jamais indiqué sur les emballages des produits concernés. Greenpeace a donc interrogé de très nombreux industriels afin de savoir ce qu’il en était réellement. Selon leurs déclarations et les documents fournis, leurs produits ont été classés dans l’une de ces trois catégories :

- vert : le fabricant garantit ne pas utiliser de produits animaux ou issus d’animaux nourris avec des OGM

- orange : le fabriquant affirme avoir entamé une démarche pour exclure les OGM de l’alimentation animale, mais ne peut pas garantir qu’il n’en utilise plus du tout

- rouge : le fabriquant ne certifie pas que les produits animaux ou issus d’animaux, utilisés dans la fabrication de ses produits, proviennent de bêtes nourries sans OGM. Les entreprises qui ne nous ont pas répondu sont également classées dans cette catégorie.

Exemples : dans la catégorie « œufs », environ un quart des marques sont répertoriées dans la liste verte. Dans la catégorie « bœufs et veaux », ce sont un tiers des produits qui se trouvent, soit dans la liste verte, soit dans la liste orange. D’autres catégories sont, en revanche, très déséquilibrées : la quasi-totalité du lait et des aliments pour bébé figurent en rouge. Dans ce cas, la seule alternative sûre pour éviter les OGM, c’est de choisir les produits bio, car le cahier des charges de l’agriculture biologique exclut systématiquement les OGM à tous les stades de la fabrication des produits.

« Les OGM entrent insidieusement dans la chaîne alimentaire et les consommateurs ne savent pas comment les éviter. Ce guide en ligne est un outil proposé par Greenpeace pour leur permettre de consommer en toute connaissance de cause et de barrer la route aux OGM » conclut Rachel Dujardin.

Mode d’emploi

Ce nouveau Guide des produits avec ou sans OGM est disponible en ligne :

sur Internet : www.guide-ogm.greenpeace.fr

sur votre smartphone, téléchargez gratuitement l’application du guide à partir d’« Androïd market » ou d’« App store ».

Campagne Océans de Greenpeace, le 27 janvier 2010

L’Italie prend la main pour sauver le thon rouge, la France joue profil bas…

Paris, 27 janvier 2010 – L’Italie s’est prononcée hier soir d’après un article du Financial Times (1), pour le classement du thon rouge en annexe 1 de la Cites. Et pendant ce temps là, la France se tait toujours…

« L’Italie, un des premiers pays pêcheurs de thon rouge en Europe avec l’Espagne et la France avait contribué jusqu’à présent à bloquer le processus de soutien à l’annexe 1 ». explique François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. « Alors que Nicolas Sarkozy s’était déclaré en juillet dernier pour l’arrêt de la commercialisation de l’espèce, la France fait aujourd’hui, par son silence, bien pâle figure à côté de l’Italie… »

Un renversement dans la position de l’Italie
Antonio Buonfiglio, conseiller politique à la pêche du gouvernement italien, se déclarait hier soir dans un article du Financial Times (1) « ouvert au classement en annexe 1 ». L’Italie décrétera aussi un moratoire d’un an sur la pêche industrielle au thon rouge, avec pour effet de stopper les thoniers senneurs dès la saison de pêche 2010 (mai-juin). Ce renversement dans la position de l’Italie, qui faisait partie des 6 pays européens qui avaient refusé leur soutien à l’annexe 1 en septembre dernier, change la donne au niveau des rapports de force européens. Tôt ce matin, un vote, à valeur consultative, de la commission environnement du parlement européen conseille le classement en annexe 1 à la quasi unanimité des voix : 48 voix pour, 2 contre. La France va-t-elle être le mauvais élève de la biodiversité européenne ?

La France n’a toujours pas arbirtré…
La France ne s’est toujours pas prononcée sur son soutien au classement en annexe 1 ou 2 à la Cites en mars prochain. Alors que 65 % des Français se déclaraient, le 22 janvier, en faveur de l’interdiction du commerce international, dans un sondage commandé par Greenpeace à l’institut CSA, le gouvernement fait le mort.

« Le gouvernement français ne prend pas position dans ce débat alors que cette annonce de l’Italie pourrait changer les rapports de force, et que la France pourrait définitivement faire pencher la balance au sein de l’Union européenne. » explique François Chartier. « La France doit assumer une position claire, et prendre ses responsabilités par rapport à l’urgence de la situation ! »

Sacrifier la biodiversité pour une vingtaine de bateaux ?
Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, reste la seule voix discordante au sein du gouvernement, et réclame toujours une annexe 2, au nom d’emplois à préserver. Pourtant cette pêche n’emploie en France que 150 personnes, pour une saison de pêche d’un mois, sur les thoniers senneurs, bateaux de pêche industrielle qui concentrent la majorité du quota de pêche. Ces quelques vingt bateaux emploient fréquemment des marins du Sénégal ou du Ghana, à très faible rémunération. La pêche artisanale emploie moins de 500 personnes en Méditerranée et en Atlantique, et ne travaille pas à destination du marché international. Au total ce sont peut être quelques centaines d’emplois à plein temps dont il s’agit. Greenpeace mobilise les citoyens pour interpeller le ministre de l’agriculture sur www.greenpeace.fr/thon-rouge

« Bruno Le Maire doit admettre que cette pêche industrielle n’a pas d’avenir : que seraient les pêcheurs de thon sans thon ? » demande François Chartier « Au lieu d’accompagner ces quelques bateaux au bout d’un cul de sac, pourquoi ne pas prendre des mesures claires en faveur d’une pêche durable ? »

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 25 janvier 2010

Le convoi de déchets nucléaires bloqué par un camion de Greenpeace en plein Cherbourg

Cherbourg, le 25 janvier 2010, à 8h30 – Quatre activistes enchainés sur la voie à Cherbourg hier à 21h, deux activistes qui stoppent le train en pleine voie à hauteur de Valogne à 5h30. C’est maintenant un camion de Greenpeace qui vient d’être placé sur la voie ferrée dans Cherbourg même pour bloquer une nouvelle fois le convoi de déchets nucléaires en route pour le port. Le Kapitan Kuroptev, navire chargé d’apporter les déchets en Russie, n’aura pas sa cargaison à l’heure…

A 8h30, le convoi de déchets nucléaires attendu au port est donc quand même arrivé dans le centre de Cherbourg mais s’est retrouvé nez à nez avec ce camion sur lequel il est écrit « La Russie n’est pas une poubelle » et donc totalement bloqué. Cinq activistes de Greenpeace se sont enchaînés au camion pour empêcher tout mouvement.

« Nous avions annoncé que nous ferions tout pour imposer un moratoire sur l’exportation de déchets nucléaires vers la Russie, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. Il faut que les pouvoirs publics réagissent et interdisent ces exportations. Nous serons intraitables là-dessus ! »

Une lutte qui prend de l’ampleur
Ces derniers mois Greenpeace le combat de Greenpeace pour obtenir un moratoire et in fine une interdiction sur ces exportations des déchets nucléaires vers la Russie s’intensifie. Les actions vont crescendo et ne sont pas prêtes de s’arrêter.

« En décembre dernier je m’étais moi-même enchainé seul à la voie, dit Yannick Rousselet. Aujourd’hui nous avons bloqué le train à trois endroits différents et de trois manières différentes. Tant que ces exportations illégales continueront nous serons sur le qui-vive et nous mettrons toute notre créativité à profit pour empêcher le bon déroulement de ces convois. »

Une mobilisation de plus en plus importante
Areva et EDF continuent de clamer le contraire mais ces exportations sont bien illégales.

« Nous avons prouvés, chiffres à l’appui*, que ces exportations sont illégales par rapport à la jurisprudence de 2005 »

L’argument des industriels serait valable si 100 % des fûts exportés revenaient en France, sous une forme différente et exploitable. Cela n’est pas le cas, la plupart de ces matières sont abandonnées en Russie.

Cela place Areva et EDF dans l’illégalité par rapport à deux points juridiques :

- La jurisprudence de 2005, qui affirme qu’est considéré comme déchet nucléaire tout produit issu d’un processus industriel non destiné à être réutilisé.

- La directive cadre de l’Union européenne, qui interdit l’importation et l’exportation de déchets dangereux qui ne sont pas destinés à être valorisés.

Greenpeace mobilise le grand public pour obtenir un moratoire de la part de Jean-Louis Boorlo en proposant de lui écrire une lettre. Le Ministre a ainsi déjà reçu plus de 6600 lettres.

* consultez le rapport ici

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 24 janvier 2010

Envoi de déchets nucléaires vers la Russie : Greenpeace stoppe l’avancée du train à Cherbourg


Cherbourg, le 24 janvier 2010 – Ce soir, à 21h quatre activistes de Greenpeace se sont enchaînés à la voie ferrée, près de la gare maritime de Cherbourg. Leur objectif : empêcher l’arrivée du train chargé de déchets nucléaires français au port de Cherbourg. Dans les prochaines heures, les containers de déchets nucléaires devraient être chargés abord d’un navire maltais appartenant à une compagnie russe. Le Kapitan Kuroptev, est annoncé demain vers 7h30, il devrait partir pour la Russie.

« Nous ferons tout pour imposer un moratoire sur l’exportation de déchets nucléaires vers la Russie, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. Si les pouvoirs publics ne prennent pas leurs responsabilités en interdisant ces exportations, nous ne laisserons passer aucun convoi sans entrave. »

Le mensonge permanent
Areva et EDF justifient ces exportations en annonçant que, pour eux, les containers envoyés en Russie ne sont pas des déchets mais qu’il s’agit d’uranium appauvri destiné à être enrichi.

« EDF et Areva mentent sans arrêt à propos des déchets, dit Yannick Rousselet. Ils sont pris en défaut d’un point de vue légal sur ces exportations. Leurs mensonges ne tarderont pas à les rattraper ! »

L’argument des industriels serait valable si 100 % des fûts exportés revenaient en France, sous une forme différente et exploitable. Cela n’est pas le cas, la plupart de ces matières sont abandonnées en Russie.

Cela place Areva et EDF dans l’illégalité par rapport à deux points juridiques :
- La jurisprudence de 2005, qui affirme qu’est considéré comme déchet nucléaire tout produit issu d’un processus industriel non destiné à être réutilisé.
- La directive cadre de l’Union européenne, qui interdit l’importation et l’exportation de déchets dangereux qui ne sont pas destinés à être valorisés.

Les chiffres ne mentent pas
Le rapport* publié en décembre dernier par Greenpeace ne laisse aucune place au doute Les chiffres prouvent que la quasi totalité des déchets d’uranium envoyés en Russie sont simplement abandonnés là-bas. Le rapport montre que depuis 2006, 33 000 tonnes d’uranium ont été exportées vers la Russie (dont 23 540 tonnes d’uranium appauvri) alors que seules 3090 tonnes d’uranium font le chemin inverse. Quid des 30 000 tonnes manquantes ?

Une querelle publique aberrante
Alors qu’ils ne sont pas capables de trouver une solution autre que d’expédier leurs déchets à l’étranger, EDF et Areva se sont livrés cette semaine à un échange de noms d’oiseaux par voie de presse à propos d’argent. Il fallu l’intervention du Premier ministre François Fillon pour calmer le jeu…

« Cette attitude irresponsable prouve qu’on ne peut pas faire confiance à l’industrie nucléaire française, ajoute Yannick Rousselet. Areva et EDF ne s’intéressent qu’au profit, ils ne se préoccupent pas des répercussions écologiques de leur activité ! Le pouvoir politique les laisse faire, nous devons donc être en alerte permanente pour les surveiller et alerter le public. »

Greenpeace mobilise le grand public pour obtenir un moratoire de la part de Jean-Louis Boorlo en proposant de lui écrire une lettre. Le Ministre a ainsi déjà reçu plus de 6600 lettres.

* consultez le rapport ici

Campagne Océans de Greenpeace, le 22 janvier 2010

Sondage Greenpeace : une écrasante majorité de Français demande la protection du thon rouge

Paris, 22 janvier 2010 – Alors que la France ne s’est toujours pas positionnée en faveur d’un classement du thon rouge en annexe 1 de la Cites, une écrasante majorité de Français demandent clairement une protection immédiate et efficace du thon rouge, dans un sondage commandé par Greenpeace à l’institut CSA et paru ce matin. Sondage disponible sur greenpeace.fr.

« Combien de fois devra-t-on rappeler que la population de thons s’effondre de 80 % sur les vingt dernières années, demande François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. Notre sondage montre clairement que 74% des Français ont bien compris que le thon rouge est une espèce menacée de disparition. Le gouvernement est-il le seul à ne pas s’en rendre compte ? »

L’opinion publique française unanime
65 % des Français se déclarent en faveur de l’interdiction du commerce internationale. Ils réclament ainsi une protection efficace et immédiate de l’espèce. La population française, mais aussi les acteurs économiques sont mobilisés : des groupes de grande distribution se sont engagés à ne plus vendre de thon rouge et les Relais Châteaux n’en servent plus depuis le début de l’année.

« L’inscription en annexe 1 de la Cites, et donc l’interdiction de la commercialisation internationale du thon rouge, sans condition et sans délai, est l’unique solution pour sauver l’espèce, rappelle François Chartier. Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture, est le seul au sein du gouvernement à ne pas encore avoir entendu et cette réalité…Veut-il la mort du thon rouge ? »

Un engagement des citoyens au-delà des déclarations d’intentions
Selon ce sondage, 78 % des Français sont prêts à arrêter de consommer du thon rouge : preuve en est qu’au-delà des déclarations, les Français ont pris la mesure du problème et sont prêts à changer leurs habitudes. Reste au gouvernement à prendre acte de cette tendance de fond, de cette demande des citoyens, et à agir en conséquence pour sauver l’espèce. A quand des engagements clairs, qui ne pourront que peser dans les négociations pour la Cites au sein des 27 pays de l’Union européenne ?

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 21 janvier 2010

Le bateau à ordures nucléaires arrive !

Paris, le 21 janvier 2010 – Le Kapitan Kuroptev, navire battant pavillon maltais et appartenant à une compagnie russe fera escale à Cherbourg le lundi 25 et mardi 26 janvier. Il vient pour charger une cargaison de déchets français d’uranium. Le Navire prendra ensuite la direction de Saint Petersburg… Depuis des années Greenpeace dénonce l’exportation de déchets nucléaire vers la Russie, c’était déjà ce navire que l’association avait bloqué en décembre 2005 dans le port du Havre.

« L’attitude irresponsable d’Areva et EDF depuis quelques temps confirme le fait qu’on ne doit pas leur faire confiance. Le couple est en pleine crise sur le devenir des poubelles, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire de Greenpeace France. Que ce soit le retraitement à la Hague qui coûte extrêmement cher, qui pollue de manière irréversible l’environnement et qui augmente considérablement le volume des déchets nucléaire ou que ce soit des exportations vers la Russie, loin d’être un cycle le nucléaire est une voie sans issue ! »

Areva et EDF : un débat qui fait tâche…
Aujourd’hui on a pu lire que le comité de groupe d’Areva dénonce les contrats d’EDF en Russie. Il accuse l’électricien français de ne pas respecter les accords internationaux de non prolifération nucléaire. « C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Areva aussi exporte des milliers de tonnes de déchets vers la Russie et extrait en permanence dans son usine de la Hague du plutonium, matière première de la bombe nucléaire, ajoute Yannick Rousselet. Nous n’en demandions pas tant, les deux amants se jettent maintenant à la figure les arguments que nous leur reprochons depuis des années. Enfin la vérité va peut-être éclater sur l’arnaque permanente du nucléaire ! »

Un problème connu et récurrent
Depuis la diffusion en octobre dernier du documentaire d’Arte sur la problématique des déchets nucléaires partout dans le monde et plus particulièrement sur leur exportation de France vers la Russie, la polémique fait rage.
Le HCTISN (Haut Comité sur la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire) a été officiellement saisi par le ministre Jean-Louis Borloo et l’Office Parlementaire des Choix Technologiques afin de tenter de faire la lumière sur le trafic du couple AREVA/EDF. Cet organisme doit rendre ses conclusions en février.

Greenpeace et le public mobilisés
En attendant Greenpeace demande au ministre de faire appliquer un moratoire sur ces envois et fait tout son possible pour que ce moratoire soit appliqué.
On a pu le voir notamment en décembre dernier quand Yannick Rousselet s’est attaché à la voie de chemin de fer à Cherbourg pour empêcher l’arrivée du train convoyant les déchets nucléaires au port pour qu’ils soient ensuite embarqués sur un bateau en partance pour la Russie.
Greenpeace a aussi lancé un appel au public pour obtenir un moratoire de la part du ministre de l’écologie et du développement durable en lui proposant de lui écrire directement une lettre
Le ministre a ainsi déjà reçu plus de 5600 lettres.

L’association ne compte pas s’arrêter là et fera tout ce qui est en son pouvoir pour que ce scandale de l’exportation de déchets nucléaires s’arrête au plus tôt…

« L’importation et l’exportation de déchets nucléaires sont interdits par la loi française, malgré cela les industriels continuent d’organiser leur sale business en toute impunité. On ne peut pas les laisser faire tout ce qu’ils veulent, le pouvoir politique doit agir pour qu’Areva et EDF respectent la loi ! » indique Yannick Rousselet.