Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne Océans de Greenpeace, le 15 juin 2010

Détroit de Bonifacio : premier pas vers un réseau de réserves marines en Méditerranée ?

Paris, 15 juin 2010 – Aujourd’hui, Jean-Louis Borloo et la ministre italienne de l’environnement signent un accord pour la protection du détroit de Bonifacio entre la Corse et la Sardaigne. C’est une première étape pour l’interdiction du trafic de matières dangereuses et la création du premier parc marin international en Méditerranée.

« Greenpeace a mené campagne depuis 2008 pour le classement de ce site remarquable et particulièrement vulnérable en réserve marine, explique François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. Cette avancée pour le détroit de Bonifacio est un premier pas, alors que moins de 1% de la Méditerranée est protégée aujourd’hui. Greenpeace souhaite que les Baléares, par exemple, suivent, pour que le thon rouge puisse s’y reproduire en paix »

Une première victoire pour la protection des océans
Dans les Bouches de Bonifacio, entre la Corse et la Sardaigne, 3 000 navires transitent chaque année dont 300 transportant des cargaisons dangereuses. Face au risque d’accident, les gouvernements français et italien ont entamé un processus de protection du site en 1993, notamment en interdisant le passage des navires transportant des cargaisons dangereuses battant pavillon français et italien. Greenpeace demandait que cette interdiction soit étendue à l’ensemble des cargos dangereux quel que soit leur pavillon. En 2008 et 2009, Greenpeace était notamment présente en mer avec ses bateaux pour mener campagne sur ce thème, demander l’interdiction du trafic, hautement risqué, dans cette zone et la création d’une réserve marine, interdisant tout prélèvement dans la zone.

Pour un véritable réseau de réserves marines
Depuis minuit, aujourd’hui même, la saison de la pêche au thon rouge en Méditerranée est officiellement fermée, avec 1628 tonnes de prises déclarées pour la France. Greenpeace continue à dire que cette pêche industrielle n’aurait jamais dû avoir lieu cette année, en se basant sur l’avis des scientifiques. Rappelons que la population de thons a diminué de 80% lors des 20 dernières années. Le comité scientifique de l’Iccat, organisation qui gère la pêche au thon, estime qu’avec un quota de pêche à 8000 tonnes, on aurait eu une chance sur deux de voir le stock de thon rouge se reconstituer en 2022. Le quota finalement accordé par l’Iccat est de 13500 tonnes. Greenpeace demande toujours un moratoire sur cette pêche et la création d’un réseau de réserves marines, notamment pour que cette espèce menacée puisse se reproduire librement sur la zone de frai des Baléares. L’Iccat, se réunira à Paris en novembre. Son comité scientifique a reçu mandat non seulement d’évaluer l’état de la population de thons rouges, mais aussi d’évaluer les possibilités de fermeture de la pêche sur des zones sensibles.

« Nous verrons alors jusqu’où va l’engagement affiché du gouvernement français à vouloir protéger la Méditerranée, explique François Chartier. Dans la même dynamique qui vise à protéger nos océans, il serait inconcevable de ne faire que la moitié du chemin et de ne pas classer une zone de reproduction pour une espèce emblématique hautement menacée. »

Campagne Océans de Greenpeace, le 13 juin 2010

Troisième tentative de Greenpeace de libérer les thons rouges en Méditerranée

Paris, 13 juin 2010 – Vers 14h cet après midi, au sud des côtes maltaises, dans les eaux internationales, les militants de Greenpeace ont tenté une troisième action en Méditerranée, pour libérer les thons rouges captifs dans une cage de transport. Les thons étaient emmenés vers une ferme d’engraissement à Malte, dans une cage appartenant à un maltais, qui contenait des thons pêchés plus au sud. L’action n’a pu aboutir du fait d’un barrage de bateaux sur place qui a empêché les militants d’accéder à la cage.

Objectif : Ouvrir les cages de transport et libérer les thons
Durant deux heures, les militants sur leurs zodiacs ont donc tenté d’ouvrir une cage de transport, pour libérer les thons capturés. Mais à l’aide de plusieurs bateaux, le remorqueur de la cage a maintenu les zodiacs de Greenpeace à distance. La marine maltaise a aussi empêché l’accès à la cage en repoussant les militants à l’aide de canons à eau. Plutôt que de s’appliquer à protéger une espèce menacée, la marine maltaise a donc protégé des intérêts privés, afin de permettre l’engraissement puis l’abattage des thons. Il peut y avoir jusqu’à 200 tonnes de thons dans ce type de cage, remorqués vivants, vers des fermes d’engraissement, dans ce cas maltaises. La pêche au thon rouge en Méditerranée est une véritable industrie, dont l’engraissement est une partie importante : entre juin et février, les thons sont gavés dans des fermes aquacoles, principalement autour de Malte, pour prendre du poids et donc de la valeur à l’export, à 80% vers le Japon. Retrouvez toutes les phases de l’industrie du thon sur http://www.greenpeace.fr/thon-rouge/industrie-du-thon#peche. Si les opérations de captures sont maintenant illégales pour les navires battant pavillon européen, le transport pour l’engraissement des thons déjà capturés continue à bon train en Méditerranée.

Pourquoi ? Interférer sur toute action de pêche, seule façon de sauver l’espèce
Durant les 20 dernières années, le nombre de thons rouges adultes en Méditerranée a diminué de 80% selon les scientifiques. Le quota accordé pour 2010 s’élève à 13 500 tonnes alors que les scientifiques de l’Iccat, l’organisation qui gère la pêche du thon rouge, estiment qu’avec une limite à 8 000 tonnes, on aurait seulement une chance sur deux de voir le stock se reconstituer d’ici à 2022.

« Les lois et quotas existants ne permettent pas de sauvegarder l’espèce », explique François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. « Tout thon capturé, en plein période de reproduction dans les eaux de Méditerranée, alourdit encore la menace qui pèse sur l’espèce. Greenpeace estime donc qu’il est de son devoir d’interférer sur toute opération rencontrée, légale ou non : il faut agir, toujours de façon non-violente, mais maintenant, si l’on veut donner une dernière chance au thon rouge. »

La solution: moratoire sur la pêche et réserves marines
Greenpeace demande un arrêt immédiat de la pêche à la senne, principale responsable des dégâts faits à l’espèce. L’Iccat, dont la prochaine réunion aura lieu à Paris en novembre, fixe les quotas pour l’année suivante. Plus globalement, Greenpeace demande la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

« Même chez les pêcheurs, on commence à se rendre compte que cette pêche ne peut plus être rentable, et que le moratoire est la seule solution » explique François Chartier. « Nous resterons mobilisés pour protéger l’espèce et obtenir un moratoire. »

Campagne Océans de Greenpeace, le 9 juin 2010

Thon rouge : la Commission européenne obligée d’intervenir car la France ne joue pas le jeu

Paris, le 9 juin 2010 – La France refusant de rappeler au port les thoniers français qui avaient atteint leurs quotas de pêche, la Commission européenne a été obligée d’intervenir. Elle vient d’annoncer sa décision de fermer la pêche au thon rouge avant la fin de la saison. Greenpeace estime que cette décision ne résout rien et ne permet pas de sauver les derniers thons rouges.

Régulièrement, la France ne joue pas le jeu
Comme en 2008, la Commission européenne a été obligée d’intervenir car la France ne joue pas le jeu. Depuis des années, les thoniers atteignent leurs quotas bien avant la fin de la saison de pêche. Chaque État européen est alors censé rappeler « ses » pêcheurs au port, ce que la France rechigne à faire… Cette année, la Commission européenne a donc, comme l’année dernière, stoppé la pêche avant la fin de la saison, les thoniers ayant atteint leurs quotas en quelques jours.

« Cette année, la Commission européenne n’aurait tout simplement pas du autoriser d’opérations de pêche, déclare François Chartier, de la campagne Océans de Greenpeace France. En quelques jours seulement, les thoniers, qui opèrent à bord de navires suréquipés, ont capturé leur quota de thons rouges, et personne ne se montre trop pressé de les rappeler au port. Réglementer la pêche au thon rouge, c’est à peu près aussi simple que faire respecter des limitations de vitesse à des voitures dotées d’un moteur ultra puissant. »

Cette décision ne résout rien, la farce des quotas continue
Aujourd’hui, la pêche européenne est officiellement fermée mais la farce des quotas continue. D’abord parce que les navires non européens ne sont bien sûr pas concernés par l’arrêt de la pêche décidé aujourd’hui par la Commission européenne. Pour mémoire, la flotte non européenne représente 40 % du quota de pêche fixé par l’Iccat, l’organisme international qui gère la pêche du thon rouge.

Pire : de nombreux armateurs européens, en premier lieu les français, disposent de thoniers senneurs sous pavillon libyen. Ils peuvent donc tranquillement pêcher dans les eaux libyennes, où les contrôles sont inexistants et où il est très facile de pêcher hors quota Iccat. Ces navires ne sont pas non plus concernés par la décision de la Commission européenne d’aujourd’hui.

« La décision d’aujourd’hui ne permet pas de sauver le thon rouge, le système des quotas a fait la preuve de son inefficacité, explique François Chartier. Certes, avec les années, les contrôles se sont améliorés, la saison de pêche a été réduite, les quotas ont diminué… Mais tout cela reste très largement insuffisant au regard de la menace qui pèse sur l’espèce. En vingt ans de pêche industrielle, 80 % des thons rouges ont disparu. Pour 2010, les scientifiques de l’Iccat ont estimé qu’un quota de 8 000 tonnes ne laisserait qu’une chance sur deux au stock de se reconstituer. Or les thoniers ont été autorisés à pêcher jusqu’13 500 tonnes de poissons. »

Laissons les thons se reproduire en Méditerranée !
« L’espèce est aujourd’hui tellement affaiblie que, cette année, nous considérons que chaque prise est une prise de trop, reprend François Chartier. La meilleure façon de protéger le thon rouge, c’est de le laisser faire ce pour quoi il vient chaque année en Méditerranée : se reproduire ! Libérons les thons rouges qui ont été capturés ! »

Pour rappel, les thons rouges pêchés ces dernières semaines sont actuellement enfermés vivants dans de vastes cages et transportés dans des fermes d’engraissement où ils seront gavés pendant près de 6 mois puis abattus et expédiés dans leur majorité au Japon.

Campagne Océans de Greenpeace, le 8 juin 2010

Greenpeace tente de libérer les thons rouges en Méditerranée

Paris, le 7 juin 2010 – Nouvelle tentative de libérer des thons rouges par des militants de Greenpeace, en début d’après-midi. En mer Méditerranée les activistes ont tenté d’ouvrir une cage de transport des thons vers les fermes d’engraissement, au large des côtes maltaises, mais ont dû stopper leur action avant d’avoir pu libérer les thons.

Les activistes de Greenpeace ont tenté d’ouvrir une cage de transport
Les militants de Greenpeace, depuis des zodiacs, ont réussi à détacher la cage de transport de son remorqueur. D’autres militants ont ensuite tenté d’ouvrir la cage pour libérer les poissons. Ils ont malheureusement dû se retirer avant de les libérer pour éviter un affrontement avec des thoniers senneurs repérés à l’approche. Il n’y a eu aucun contact entre les activistes de Greenpeace et les équipages des bateaux de remorquage. Un des bateaux accompagnant le remorqueur a tamponné l’Arctic Sunrise qui était stationné près de la cage. Cette cage de transport contenait entre 100 et 200 tonnes de thons rouges, remorqués, vivants, vers des fermes d’engraissement dans les eaux tunisiennes. Le chargement appartient à l’engraisseur, un industriel dont on ne connaît pas la nationalité, et était transporté par un remorqueur tunisien. La pêche au thon rouge en Méditerranée est une véritable industrie, dont l’engraissement est une partie importante : entre juin et février, les thons sont gavés dans des fermes aquacoles, pour prendre du poids et donc de la valeur à l’export, principalement vers le Japon. Retrouvez toutes les phases de l’industrie du thon sur www.greenpeace.fr/thon-rouge/industrie-du-thon.

Interférer sur toutes les actions de pêche : seul moyen pour sauver l’espèce
Le quota accordé pour 2010 s’élève à 13 500 tonnes alors que les scientifiques de l’Iccat, l’organisation qui gère la pêche du thon rouge, estiment qu’avec une limite à 8 000 tonnes, on aurait seulement une chance sur deux de voir le stock se reconstituer d’ici à 2022. Force est de constater que la France, l’Union européenne, la Cites, et l’Iccat elle-même ont ignoré les recommandations scientifiques.

« Les lois et quotas actuels ne permettent pas de sauver une espèce en voie de disparition, souligne François Chartier, chargé de campagne Océans. Nous avons donc le devoir d’interférer autant que possible sur toutes les opérations de pêche, que ce soit de capture ou de remorquage, tous pavillons confondus. »

La solution est politique: moratoire sur le pêche et réserves marines
Greenpeace demande un arrêt immédiat de la pêche industrielle et estime que les pêcheurs sont victimes d’une gestion politique catastrophique de la pêcherie, au niveau européen comme français. La France a une des premières flottes européennes de thoniers senneurs, avec 17 bateaux. Elle aurait dû suivre l’exemple de l’Italie, qui a imposé un moratoire à ses pêcheurs industriels : ceux-ci sont restés à quai et seront indemnisés. Plus globalement, Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit.

« À grands coups de subventions, la France et l’Union européenne ont créé un nombre trop important de bateaux suréquipés, explique François Chartier. Nous appelons aujourd’hui Bruno le Maire, Ministre d’Agriculture et de la Pêche, à assumer sa responsabilité et à rappeler les bateaux français au port. Signez la pétition sur www.greenpeace.fr. »

Campagne Océans de Greenpeace, le 7 juin 2010

Thon rouge : l’opinion publique mobilisée, les thoniers prêts à pêcher

Paris, le 6 juin 2010 – Hier, samedi 5 juin, les Français ont participé en nombre à la journée de mobilisation organisée par les militants bénévoles de Greenpeace dans 21 villes. Les citoyens demandaient à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, le retour des bateaux de pêche en France. Les Français ont aussi exprimé leur soutien aux actions de Greenpeace en Méditerranée. Pendant ce temps, au sud de Malte, les équipages de Greenpeace, à bord de l’Arctic Sunrise et du Rainbow Warrior, ont aujourd’hui repéré au moins 35 thoniers senneurs, prêts à entamer des opérations de pêche.

« Il est tout simplement scandaleux de laisser, depuis des années, quelques individus s’accaparer de façon totalement illégitime une ressource emblématique de la Méditerranée, au bord de la disparition, affirme François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. Les Français l’ont bien compris, et ont donné de nombreux témoignages de sympathie, transmis aux militants de Greenpeace en mer. Ils restent déterminés à protéger les derniers thons rouges. »

Dans 21 villes en France, les citoyens se sont largement mobilisés pour venir alimenter une pétition en images, afin de demander l’arrêt de la pêche à la senne au thon rouge. Retrouvez la vidéo de cette mobilisation sur http://bit.ly/9dMRmq, ainsi que la pétition en ligne adressée à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche sur http://bit.ly/crY8bd.

Le problème
« Les quotas ont certes diminué et la période de pêche a été réduite, mais la menace qui pèse sur l’espèce est telle que ce n’est pas suffisant, reprend François Chartier. Tout ce qui est légal n’est pas pour autant légitime ». Le comité scientifique de l’Iccat, organisation qui gère la pêche au thon, préconise un quota maximum de 8 000 tonnes pour avoir une chance sur deux de voir le stock se reconstituer d’ici à 2022. Or le quota accordé cette année s’élève à 13 500 tonnes… Iccat, Cites, Union européenne : tous les organes de régulation ont ignoré les recommandations scientifiques. La seule possibilité aujourd’hui de sauver le thon rouge, c’est l’arrêt immédiat de la pêche. »

La solution est politique : moratoire sur la pêche et réserves marines
La France a une des premières flottes européennes de thoniers senneurs, avec 17 bateaux. Elle aurait dû suivre l’exemple de l’Italie, qui a imposé un moratoire à ses pêcheurs industriels et les indemnisera pour qu’ils restent à quai. Greenpeace demande un arrêt immédiat de la pêche et estime que les pêcheurs sont, en un sens, victimes d’une gestion politique catastrophique de la pêcherie. Le gouvernement français devrait les accompagner pour que cette profession n’agonise pas, acculée aujourd’hui à tenter de pêcher les derniers thons. Plus globalement, Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

« La France et l’Union européenne sont responsables du nombre trop important de bateaux, suréquipés, qui pêchent aujourd’hui : les gouvernements ont subventionné cette pêche, parfois jusqu’à la moitié du prix du bateau, explique François Chartier. Les senneurs équipés de haute technologie ont proliféré, mais le nombre de thons, lui, a dramatiquement chuté du fait de la surpêche. »

Greenpeace reste déterminée à agir de façon non violente
Greenpeace mène campagne pour la défense du thon rouge depuis une dizaine d’années et est présente depuis cinq ans en mer, pour surveiller les pratiques de cette pêche en Méditerranée. Plus que jamais, après la première action de vendredi dernier, au cours de laquelle les pêcheurs ont fait la preuve de leur brutalité et de leur irresponsabilité, les militants de Greenpeace feront tout leur possible pour sauver l’espèce. Greenpeace fera face, pacifiquement, pas contre les pêcheurs, mais pour empêcher cette pêche illégitime.

Campagne Océans de Greenpeace, le 5 juin 2010

Thon rouge : Greenpeace revendique ses actions non-violentes et reste déterminée à protéger le thon rouge

Paris, le 5 juin 2010 – Suite à des communications mensongères de la part des thoniers, Greenpeace tient à rappeler un certain nombre d’éléments.

Greenpeace revendique ses actions non-violentes
Nous avons le devoir moral de protéger les derniers thons rouges et nous revendiquons avec la plus grande fermeté et la plus grande fierté nos actions d’interposition et de confrontation non-violente. Ce passage à l’action non-violente est l’un des principes fondateurs de Greenpeace, chevillé aux corps de ses membres, en particulier les militants qui s’engagent dans des opérations d’interposition. En bientôt quarante ans d’existence et malgré des situations et des engagements parfois extrêmement difficiles, Greenpeace n’a jamais, nulle part dans le monde, été condamnée pour des violences sur des personnes.

L’équipement des militants de Greenpeace, hier en Méditerranée
Hier, en mer Méditerranée, les militants de Greenpeace n’ont pas « attaqué » les thoniers, contrairement à ce que ceux-ci prétendent. Les militants sont arrivés aux abords d’un filet rempli de thons rouges, à bord de zodiacs. Ils étaient équipés de sacs de sable, destinés à lester une des lignes de flottaison du filet, pour l’abaisser et ainsi libérer les poissons. Aucune dégradation n’a été faite au matériel de pêche.

Greenpeace assure des conditions de sécurité maximales aux activistes qui participent à ce type d’opérations, pour lesquelles un certain équipement est de rigueur : gilets de sauvetage, boucliers ou casques. Ces éléments de protection (et pas d’agression!) se sont d’ailleurs révélés bien utiles, malheureusement. Les thoniers senneurs ont foncé droit sur les zodiacs de Greenpeace, dont deux ont coulé. Certains bateaux sont passés par-dessus les zodiacs : sans leurs caques et leurs boucliers, nos militants auraient été en danger de mort. Comme le montrent nos images (voire http://bit.ly/crY8bd), les thoniers n’ont pas hésité à bastonner les militants, dont l’un, le Britannique Franck Hewetson, a eu la jambe transpercée.

Des bénévoles agressés ce matin à Marseille
Aujourd’hui, samedi 5 juin, Greenpeace organise une grande journée nationale de mobilisation pour appeler à la sauvegarde du thon rouge et pour soutenir les militants mobilisés en mer. Ce matin, à Marseille, dans le Vieux-Port, des bénévoles se sont fait agressés par des thoniers restés à quai, qui leur ont donné des coups de poing et ont tenté de les jeter à l’eau.

Greenpeace en appelle solennellement à Bruno Le Maire
La brutalité face à des militants écologistes non-violents, venus avec de simples sacs de sable pour abaisser les filets et libérer les poissons, démontre que les thoniers sont doublement irresponsables : à l’égard du thon rouge et à l’égard de la vie humaine.

La détermination de Greenpeace et de ses militants à sauver le thon rouge de la disparition, dans le strict respect de la non-violence, reste intacte et ne faiblira pas. Les thoniers se sont approprié de façon illégitime une espèce emblématique de la Méditerranée, qui se trouve aujourd’hui en voie de disparition. Parce que jusqu’à présent, l’Iccat, la Cites et l’Union européenne ont failli à leur mission, nous avons le devoir de nous interposer et d’empêcher les opérations de pêche.

Dès lors, nous avons hier solennellement demandé par courrier à Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, de rappeler les 17 thoniers senneurs français qui opèrent actuellement, afin de protéger le thon rouge et d’empêcher une escalade de violence. Greenpeace propose au grand public de participer à cet appel sur http://bit.ly/crY8bd. Plus globalement, Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit.

Campagne Océans de Greenpeace, le 4 juin 2010

Thon rouge : des militants de Greenpeace violemment agressés en mer par les thoniers français

Mer Méditerranée, le 4 juin 2010 – Vers 14h, des militants de Greenpeace se sont interposés de façon non-violente dans des opérations de pêche au thon rouge pour libérer les poissons capturés par un thonier senneur français, le Jean Marie Christian 6, un navire de l’armement sétois de Jean-Marie Avallone.

Sept thoniers senneurs ont alors uni leurs forces pour attaquer avec une extrême violence les militants de Greenpeace. Les pêcheurs, dans leurs navires de trente mètres, ont foncé sur les zodiacs de l’association et les ont abordés avec des couteaux attachés au bout de lances. Les pêcheurs ont tiré à l’aide de fusées de signalisation sur les militants et sur l’hélicoptère de Greenpeace qui survolait la scène pour prendre des images et pouvoir témoigner. Un des militants a été harponné et traîné sur plusieurs mètres. Très gravement blessé, il a réussi à se libérer en arrachant le harpon de sa jambe juste avant d’être tiré dans l’eau. Il a été évacué en hélicoptère vers un hôpital de Malte.

Retrouvez nos premières photos sur www.greenpeace.fr/thon-rouge

« Ces thoniers ne connaissent que la brutalité : nos militants venaient avec de simples sacs de sable pour abaisser les filets et libérer les poissons. Les pêcheurs les ont agressés avec des couteaux, des harpons, des fusées de signalisation, déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. Greenpeace va immédiatement saisir la justice française et les autorités européennes pour que la lumière soit faite et que les responsables de cette agression sauvage soient sanctionnés. Le gouvernement français doit immédiatement rappeler ces pêcheurs et mettre fin à toute opération de pêche. »

Parmi les bateaux industriels de pêche présents se trouvaient les trois navires de Jean-Marie Avallone et deux de l’armement Giordano. Un bâtiment de l’armée française est arrivé sur les lieux après l’agression.

Il y a urgence : -80 % de thons en vingt ans
Au cours des vingt dernières années, le nombre de thons rouges adultes a chuté de 80 %. Les poissons que l’on observe sont désormais essentiellement de jeunes thons, qui ne peuvent pas participer à la reconstitution des stocks. Si on n’arrête pas cette pêche aujourd’hui, l’espèce pourrait ne plus être en mesure de se reproduire et de tenir sa place dans l’écosystème dès 2012.

La saison de pêche 2010 est ouverte depuis le 15 mai, mais c’est la première opération de pêche qu’a pu pour l’instant repérer Greenpeace, présente en mer depuis trois semaines avec deux bateaux, le Rainbow Warrior et l’Arctic Sunrise.

« Greenpeace est intervenue aujourd’hui, comme toujours, de façon non-violente, parce que l’Iccat, la Cites, l’Union européenne et la France ont failli à leur mission et restent sourdes aux recommandations des scientifiques, explique François Chartier, de la campagne Océans. Si nous voulons sauver le thon rouge, il faut immédiatement stopper des pratiques de pêche irresponsables et destructrices. »

La solution : moratoire sur la pêche et réserves marines
La France doit se calquer sur la position de l’Italie, qui a imposé un moratoire à ses thoniers senneurs et les indemnisera pour qu’ils restent à quai. Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre.

Campagne Océans de Greenpeace, le 3 juin 2010

Journée nationale de mobilisation : C’est la dernière chance pour le thon rouge !

Paris, jeudi 3 juin 2010 – Les militants de Greenpeace seront mobilisés dans 21 villes de France le samedi 5 juin, pour informer le public sur la situation du thon rouge de Méditerranée, espèce menacée, et inviter les citoyens à participer à une pétition en images pour sa sauvegarde.

Une journée nationale pour « libérer les thons rouges »
A Paris, les militants bénévoles de Greenpeace accueilleront donc le public autour d’une exposition de quelques photographies grand format, qui expliquent les principales étapes de la pêche au thon rouge : capture dans un très grand filet, la senne, remorquage des thons vivants en mer, gavage dans des fermes d’engraissement en mer, congélation et transport jusqu’au Japon. Les militants de Greenpeace inviteront aussi les citoyens à participer à une pétition en images, avec le message de leur choix, pour la sauvegarde de l’espèce. La pêche industrielle au thon rouge est une industrie qui décime l’espèce, et la saison de pêche est ouverte depuis le 15 mai et jusqu’au 15 juin. Depuis l’avènement de la pêche industrielle, le nombre de thons rouges adultes a diminué de 80%. C’est la dernière chance pour le thon rouge, il faut libérer les thons !

La solution: arrêt de la pêche industrielle et réserves marines
Pour le thon rouge, la France doit se calquer sur la position de l’Italie, qui a imposé un moratoire à ses bateaux de pêche industrielle et les indemnisera pour qu’ils restent à quai. En un sens, les pêcheurs sont victimes d’une gestion des pêches absurde. Il faut inscrire de l’emploi durable dans une pêche durable.

Greenpeace demande un moratoire immédiat sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines, notamment sur la zone des Baléares où cette espèce se reproduit. Ainsi, le stock pourra se reconstituer et l’espèce pourra survivre. C’est la dernière chance pour le thon rouge

En mer Méditerranée, Greenpeace est aussi sur le pont
Greenpeace est également mobilisée en mer, pour s’interposer dans toute opération de pêche rencontrée. Greenpeace mène campagne pour la défense du thon rouge depuis une dizaine d’années. Depuis cinq ans, l’organisation met en œuvre son expertise et son savoir-faire pour surveiller les pratiques de pêche en Méditerranée et être en capacité d’intervenir. Plus d’infos et nos actualités sur notre site, où la pétition en images sera aussi relayée dès lundi 7 juin : www.greenpeace.fr/thon-rouge

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 28 mai 2010

Exportations de déchets nucléaires en Russie : Areva s’apprête à arrêter son trafic

Paris, le 27 mai 2010 – Comme révélé dans un article paru ce jour sur le site Rue89, Greenpeace a découvert qu’Areva va prématurément cesser d’exporter ses déchets nucléaires en Russie. Alors que le contrat qui unit Areva et l’agence atomique russe Rosatom devait prendre fin en 2014 (1), les Russes ont décidé de rompre dès le 11 juillet prochain cette collaboration qui dure depuis 1972.

« La polémique internationale créée ces derniers temps autour de ces exportations a enfin eu raison de ce scandale, se félicite Yannick Rousselet, en charge de campagne Nucléaire de Greenpeace. Ni Rosatom, ni Areva n’évoquent de raison pour cette rupture de contrat. Ils ne souhaitent apparemment pas expliciter l’arrêt prématuré de cet injustifiable trafic, qui se déroulait tranquillement, depuis des années. »

Un trafic révélé par Greenpeace (2)
En 1984, suite au naufrage du cargo Mont Louis au large de Zeebruges (Belgique), Greenpeace découvre que le navire transportait des conteneurs d’hexafluorure d’uranium et met au jour un scandale : la France exporte des déchets nucléaires en Russie depuis 1972. Greenpeace prend position contre ce trafic et s’interpose à plusieurs reprises. En octobre 2009, la diffusion de l’enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret, « Déchets : le cauchemar du nucléaire » relance la polémique. N’obtenant aucune explication satisfaisante de la part d’Areva, le ministre de l’Écologie et de l’Énergie saisit le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire qui ouvre une enquête. Prévus pour janvier 2010, les résultats devraient être rendus publics d’ici la fin du mois de juin.

Les mensonges d’Areva
Tout au long de cette bataille, Areva a argué pour seule défense que les déchets nucléaires envoyés en Russie étaient en réalité des matières valorisables qui faisaient là-bas l’objet d’un processus d’enrichissement et étaient ensuite rapatriées en France.

Cet argument ne tient pas la route. Rosatom l’a précisé dans le cadre d’une des réunions du Haut comité : les matières radioactives provenant de France ne sont pas destinées à être valorisées. (3)

De son côté, le Haut fonctionnaire de Défense du ministère de l’Écologie et de l’Énergie a fourni des chiffres sans appel sur les flux de matières entre la France et la Russie : entre 2006 et fin 2009, 32 200 tonnes de déchets sont parties en Russie, alors que seules 3 090 tonnes de matières ont fait le chemin inverse… (4)

Greenpeace se félicite de l’arrêt de ce trafic immoral et scandaleux
L’organisation de défense de l’environnement considère en effet qu’exporter ces déchets en Russie est contraire à loi russe sur la protection de l’environnement datant de 1989 qui interdit les importations de déchets nucléaires. Mais aussi à la directive européenne de 2006, relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé (5).

Ce texte stipule que l’expéditeur de déchets nucléaires doit s’assurer des bonnes conditions de sûreté dans lesquelles ils vont être disposés dans le pays dans lequel il les envoie. Aujourd’hui, ni Areva, ni EDF, ni même les autorités françaises ne sont en mesure de contrôler les conditions de sûreté en Russie, comme l’a confirmé l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Greenpeace a donc porté plainte devant la Commission européenne car, en expédiant leurs déchets nucléaires en Russie, les industriels français ne respectent pas cette directive.

(1) voir lettre du ministère russe de l’Energie atomique http://bit.ly/cYCz7u

(2) Plus de détails dans le briefing disponible http://bit.ly/d7ynKp

(3) http://bit.ly/cOAWGz, dernier paragraphe page 14

(4) www.greenpeace.fr/rapport-dechets-russie

(5) à consulter sur http://bit.ly/bDkIo9

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 26 mai 2010

Climat : une position franco-allemande indéfendable

Paris, le 26 mai 2010 – Dans un rapport à paraître aujourd’hui, la Commission européenne devrait annoncer qu’un renforcement de l’objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre serait nettement moins coûteux que prévu, créateur d’emplois et de relance l’économie européenne.

La Commission européenne estime en effet que la réalisation de l’objectif actuel de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 coûte 30 % moins cher (22 milliards d’euros) par rapport aux estimations de 2008. Et augmenter l’objectif à 30 % permettrait l’économie de 40 milliards d’euros sur les seules importations d’énergies fossiles et créerait des centaines de milliers d’emplois verts.

« D’un point de vue environnemental comme économique ou stratégique, tout plaide pour que l’Europe se dote d’un objectif de 30 % de réduction de ses émissions d’ici à 2020, constate Karine Gavand, chargée de campagne Climat à Greenpeace France. La lecture du rapport de la Commission rend inexplicable la position franco-allemande qui plaide pour un gel des ambitions climatiques européennes. »

Le couple franco-allemand, porte-parole des intérêts industriels
En conditionnant le passage à -30 % à l’instauration d’une taxe carbone aux frontières, soutenue par le seul couple franco-italien depuis des mois, le Président français, tout autant que son ministre, bloque la politique climatique de l’Europe.

« Comment les ministres de l’industrie des deux poids lourds de l’Europe peuvent-ils justifier un appel au gel de la politique climatique ? Se contentent-ils de défendre les seuls intérêts de quelques groupes industriels aux dépens des citoyens et consommateurs européens ?, s’insurge Karine Gavand. La parole est désormais au Président français et à la Chancelière allemande. Mais il est fort à parier que Christian Estrosi dise tout haut ce que Nicolas Sarkozy pense tout bas… »

Ce que les lobbys industriels oublient de dire…
Les représentants des industries intensives en carbone affirment, à l’inverse de la Commission européenne, que des objectifs climatiques ambitieux vont amener des pertes d’emplois et une baisse de la production, en les exposant à la concurrence étrangère. Ils omettent de préciser que dans le même temps, ces industries gagnent des milliards grâce à des permis de polluer non utilisés (principalement en raison du ralentissement de l’économie) !

Un rapport a montré la semaine dernière que les secteurs de l’acier et du raffinage ont répercuté sur les consommateurs européens les coûts imaginaires de ces permis de polluer, qui leur ont été distribués gratuitement, réalisant ainsi 14 milliards d’euros de profits en 3 ans seulement, sans délocaliser (voir “Does the energy intensive industry obtain windfall profits through the EU ETS?”, CE Delft, 2010).

Greenpeace appelle les membres de l’Union européenne à soutenir et suivre les recommandations du rapport de la Commission européenne. Ce serait un premier pas vers une réduction d’au moins 40 % des émissions de l’ensemble des pays industrialisés dans le cadre d’un accord mondial sur le climat.

À lire (en anglais)
Briefing analysant les conditions d’un passage à 30 % et précisant la position de chaque gouvernement sur le sujet
Briefing démystifiant les arguments utilisés par certains lobbys industriels pour s’opposer à un objectif de réduction de 30 %