Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 20 février 2010

Journée nationale de mobilisation : des déchets pour des déchets !

Aujourd’hui les militants de Greenpeace se sont mobilisés dans vingt villes en France pour apporter symboliquement leurs déchets aux prétendus rois du recyclage : Areva et EDF.

Les industriels français du nucléaire prétendent que leur industrie est propre et que les déchets sont recyclés à 96 %, alors qu’une grande partie est envoyée et simplement stockée en Russie. Greenpeace demande un moratoire immédiat sur ces exportations de déchets nucléaires.

A Cherbourg, Paris, Marseille, Rouen, Bordeaux les militants bénévoles de Greenpeace ont donc apportés leurs déchets à Areva et à EDF pour demander aux industriels d’arrêter d’envoyer leurs déchets en Russie.

Greenpeace mobilisée
Greenpeace demande au ministre Jean-Louis Boorlo de faire appliquer un moratoire sur ces envois de déchets nucléaires en Russie et fait tout son possible pour que ce moratoire soit appliqué.
On a pu le voir notamment en décembre et en janvier dernier à Cherbourg quand des activistes ont bloqué la voie de chemin de fer afin d’empêcher l’arrivée du train convoyant les déchets nucléaires au port pour qu’ils soient embarqués sur un bateau en partance pour la Russie. Plus récemment, le 16 février, au Tricastin des activistes ont retardé de plus de dix heures le départ du convoi vers Le Havre.

Une théorie qui ne tient pas la route
« Les industriels affirment que les déchets envoyés en Russie sont enrichis pour faire un nouveau combustible. C’est comme si on envoyait aux Russes des oranges déjà pressées pour faire du jus. C’est techniquement faisable, mais si compliqué, si cher, si peu rentable qu’ils ne le font pas », affirme Yannick Rousselet.

Mobilisez-vous avec nous !

Ecrivez à J-L Borloo pour lui demander un moratoire immédiat, rendez-vous sur http://write-a-letter.greenpeace.org/764

Campagne Océans de Greenpeace, le 19 février 2010

Thon rouge : Leclerc en flagrant délit de manipulation publicitaire !

Paris, 19 février 2010 – Clamant à coup de pleines pages de publicité qu’il va retirer de la vente certaines espèces marines menacées, le groupe Leclerc cherche à se positionner en acteur responsable. D’après sa campagne publicitaire, qui classe les pêcheurs parmi les espèces en voie de disparition, Leclerc se veut le défenseur de la pêche artisanale. Le problème, c’est que le géant de la distribution fait une exception pour… les pêcheurs industriels que sont les thoniers senneurs français, principaux prédateurs du thon rouge de Méditerranée.

« Les supermarchés Leclerc prennent le thon rouge comme alibi pour verdir leur image », dénonce François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace. « Leclerc ne s’est jamais engagé pour une pêche durable : ces supermarchés affichent en gros caractères un soutien à la pêche artisanale, alors qu’ils prennent le parti des thoniers industriels en note de bas de page, en catimini. »

Leclerc s’engage à ne se fournir en thon rouge qu’auprès de la pêche artisanale… en faisant exception pour la pêche industrielle !

Là où Leclerc fait le plus fort, c’est que l’enseigne a décidé « de ne proposer que du thon rouge provenant exclusivement de la pêche artisanale » en précisant, en note de bas de page, marquée par un astérisque et écrite en tout petit : « excepté les 28 senneurs listés en annexe 1 de l’arrêté du 28 janvier 2010 »… La flotte française comptait en 2009 effectivement 28 thoniers senneurs, bateaux industriels de pêche qui sont précisément les principaux prédateurs du thon rouge de Méditerranée ! Après avoir clamé qu’elle veut soutenir la pêche artisanale, l’enseigne de la grande distribution nous dit donc, en note de bas de page et en petits caractères, qu’elle fera exception pour tous les bateaux industriels français ! Plus c’est gros, plus ça passe, ont dû se dire les communicants de Leclerc…

Leclerc s’engage à retirer de ses étals une espèce qui ne peut être pêchée !
La publicité précise que les centres Leclerc vont retirer de la vente le siki. Cette espèce de requin pêchée dans les grands fonds est tellement menacée que la pêche ciblée sur cette espèce est déjà interdite.
Comme il peut arriver que certains spécimens soient pris dans les filets accidentellement, la Commission européenne a fixé pour 2010 un quota très faible (80 tonnes sur toute l’Europe, dont 34 tonnes en France).

Leclerc communique sur des listes rouge et orange, qui n’engagent à rien
Dans le communiqué qui accompagne la sortie de la publicité sur son site, Leclerc mentionne des listes rouges et orange, dressant des listes de poissons dont les cas sont à l’étude. Sur la liste rouge, présentée comme celle qui rassemble les espèces les plus fragiles, l’engagement de l’enseigne se limite en 3 points : ne pas faire la promotion de ces espèces, respecter les contraintes légales concernant les tailles et les quotas, envisager des espèces de substitution. A aucun moment Leclerc ne s’engage à retirer ces espèces de ses rayons… Ainsi, sans contrainte de temps, sans indication sur les espèces de substitution, Leclerc se vante en réalité d’être un acteur remarquablement responsable car il se contente de respecter les lois en vigueur.

« Nous avons appelé nos différents contacts au sein de l’enseigne, ainsi que le service de presse de Leclerc pour se faire préciser tous ces points, précise François Chartier. Ils n’étaient pas disponibles ou alors habilités à répondre seulement aux journalistes. »

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 18 février 2010

Journée nationale de mobilisation : des déchets pour des déchets !

Paris, le 18 février 2010 – Les militants de Greenpeace seront mobilisés dans vingt villes en France le samedi 20 février, pour apporter symboliquement leurs déchets aux prétendus rois du recyclage : Areva et EDF. Les industriels français du nucléaire prétendent que leur industrie est propre et que les déchets sont recyclés à 96 %, alors qu’une grande partie est envoyée et simplement stockée en Russie. Greenpeace demande un moratoire immédiat sur ces exportations de déchets nucléaires.

Une journée nationale pour mettre les industriels face à leurs responsabilités
A Cherbourg, Paris, Marseille, Rouen, Bordeaux les militants bénévoles de Greenpeace iront donc ce samedi 20 février apporter leurs déchets à Areva ou à EDF et demander aux industriels d’arrêter d’envoyer leurs déchets en Russie.
Plus spécifiquement à Paris, ils se rendront devant le siège social d’Areva.

Greenpeace et le public mobilisés
Greenpeace demande au ministre Jean-Louis Boorlo de faire appliquer un moratoire sur ces envois de déchets nucléaires en Russie et fait tout son possible pour que ce moratoire soit appliqué.
On a pu le voir notamment en décembre et en janvier dernier à Cherbourg quand des activistes ont bloqué la voie de chemin de fer afin d’empêcher l’arrivée du train convoyant les déchets nucléaires au port pour qu’ils soient embarqués sur un bateau en partance pour la Russie. Plus récemment, le 16 février, au Tricastin des activistes ont retardé de plus de dix heures le départ du convoi vers Le Havre.
Greenpeace a aussi lancé un appel au public pour obtenir un moratoire de la part du ministre de l’Ecologie et du Développement Durable en lui proposant de lui écrire directement une lettre : http://write-a-letter.greenpeace.org/764 Le ministre a ainsi déjà reçu plus de 5600 lettres.

La grande arnaque du recyclage
Areva explique que les matières envoyées en Russie ne sont pas des déchets mais de l’uranium naturel destiné à être enrichi et qu’une fois cette opération terminée les matières reviennent en France.
Greenpeace sait aujourd’hui que cette affirmation est fausse grâce au rapport sur les flux de matière entre la France et la Russie fournis par le Haut Fonctionnaire de Défense et publié en décembre dernier.

« EDF et Areva tentent nous faire passer pour des extrémistes, des alarmistes en faisant croire n’importe quoi aux journalistes et aux citoyens français, dit Yannick Rousselet. Nous, nous avons des chiffres qui prouvent ce que nous affirmons. Les industriels ne font que parler mais ne prouvent rien. Ils ne dupent plus personne. »

Une théorie qui ne tient pas la route
« Les industriels affirment que les déchets envoyés en Russie sont enrichis pour faire un nouveau combustible. C’est comme si on envoyait aux Russes des oranges déjà pressées pour faire du jus. C’est techniquement faisable, mais si compliqué, si cher, si peu rentable qu’ils ne le font pas », conclut Yannick Rousselet.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 17 février 2010

Trafic de déchets nucléaires à destination de la Russie : Greenpeace contrecarre les plans d’Areva

Le Havre, le 17 février 2010 – Mardi 16 février, Greenpeace a bloqué le départ d’un train de déchets nucléaire à sa source, sur le site du Tricastin (Drôme). Positionnés à la sortie ferroviaire de l’usine Eurodif, les activistes sont restés en place plus de neuf heures pour empêcher le convoi de sortir du complexe nucléaire.

Cette interpellation sur le deuxième train de l’année chargé de déchets nucléaires en partance pour la Russie, intervient après les actions faites à Cherbourg le 25 janvier sur le premier convoi. Greenpeace a ainsi contraint Areva à changer ses plans. Initialement prévu à Cherbourg aujourd’hui, le transfert des conteneurs de déchets nucléaires sur le Kapitan Kuroptev, navire chargé d’acheminer la cargaison à Saint-Pétersbourg, devrait finalement avoir lieu au port du Havre ce soir.

« Nous voulons obtenir un moratoire immédiat sur ces exportations de déchets en Russie, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace présent au Havre. Nous ne laisserons pas passer un seul convoi sans entrave. Si les pouvoirs publics laissent Areva et EDF poursuivre leur trafic opaque en toute impunité, nous sommes contraints d’agir. »

Des mensonges, encore des mensonges
Hier, une responsable de la communication d’Areva expliquait aux journalistes présents sur le site du Tricastin que les matières envoyées en Russie n’étaient pas des déchets mais de l’uranium naturel destiné à être enrichi et qu’une fois cette opération terminée les matières revenaient en France.

Greenpeace sait aujourd’hui que cette affirmation est fausse grâce au rapport sur les flux de matières entre la France et la Russie, fourni par le Haut fonctionnaire de Défense et publié en décembre dernier.

« Edf et Areva tentent nous faire passer pour des extrémistes, des alarmistes en faisant croire n’importe quoi aux journalistes et aux citoyens français, dit Yannick Rousselet. Nous, nous avons des chiffres qui prouvent ce que nous affirmons. Les industriels ne font que parler mais ne prouvent rien. Ils ne dupent plus personne. »

Même les autorités françaises n’ont plus confiance
Depuis la diffusion en octobre 2009, sur Arte, du documentaire de Laure Nouhalat et Eric Guéret « Déchets, le cauchemar du nucléaire », le scandale des exportations de déchets nucléaires français en Russie, combattu par Greenpeace depuis longtemps, a été remis sur le devant de la scène. Ainsi, le Haut comité sur la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) a été officiellement saisi par le ministre de l’Écologie et de l’Énergie Jean-Louis Borloo et l’Office parlementaire des choix technologiques, afin de tenter de faire la lumière sur le trafic d’Areva et EDF.

« Nous avons là une preuve forte du peu de confiance que le gouvernement français accorde désormais aux industriels du nucléaire, ajoute Yannick Rousselet. Le fait que l’État ait besoin de faire appel à un organisme extérieur pour obtenir les réponses qu’il attend montre le niveau de crédibilité de la parole d’Areva et EDF. »

Une théorie qui ne tient pas la route
« Les industriels affirment que les déchets envoyés en Russie sont enrichis pour faire un nouveau combustible. C’est comme si on envoyait aux Russes des oranges déjà pressées pour faire du jus. C’est techniquement faisable, mais si compliqué, si cher, si peu rentable qu’ils ne le font pas », conclut Yannick Rousselet.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 16 février 2010

Greenpeace ferme la porte au convoi de déchets nucléaires

Pierrelatte, le 16 février 2010 – Ce matin, à 8h30, trois activistes de Greenpeace se sont enchaînés au portail de l’usine du Tricastin dans la Drôme. A quelques mètres de là quatre activistes se sont fixés à un cône en béton lui-même accroché à la voie ferrée. Leur objectif : empêcher le départ d’un train chargé de déchets nucléaires français, bloqué à quelques mètres de là, de l’autre coté de la grille. D’ici à mercredi le convoi était censé traverser toute la France pour arriver au port de Cherbourg. Là le Kapitan Kuroptev, navire appartenant à une compagnie russe, devrait être chargé avec les déchets avant de prendre la direction de Saint-Pétersbourg.

« Après être intervenu plusieurs fois en fin de parcours à Cherbourg lors du dernier convoi, nous montrons cette fois notre détermination dés le départ du train, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. Il faut que ces exportations cessent, nous demandons aux pouvoirs publics d’imposer un moratoire immédiat sur ces convois honteux ! »

Des pirouettes pour justifier ces exportations
Areva et EDF jouent sur les mots pour justifier ces exportations. Ces convois ne seraient pas autoriser si les matières exportées étaient qualifiées de déchets.

Mais les industriels français ont trouvés une parade : ces matières ne seraient pas des déchets car elles seront peut-être réutilisables un jour. Dans les faits, ce sont des milliers de tonnes d’uranium appauvri qui s’entassent en Russie et qui ne seront jamais enrichies. Dans un rapport publié en décembre dernier par Greenpeace les chiffres sont accablants : depuis 2006, 33 000 tonnes d’uranium ont été exportées vers la Russie alors que seules 3090 tonnes d’uranium font le chemin inverse…

« EDF et Areva ne peuvent pas dire la vérité à propos des déchets, dit Yannick Rousselet. Pour eux, être sincère reviendrait à montrer que l’industrie nucléaire n’est pas une industrie propre et qu’ils sont bien impuissants face aux déchets. »

La grande arnaque du recyclage
Areva martèle partout que les déchets nucléaires sont recyclables à 96%.
Une fois coupé et dissout, le combustible irradié se divise en trois catégories : environ 95 % d’uranium, 1 % de plutonium et 4 % de déchets ultimes. Aujourd’hui seule une partie du plutonium est effectivement réutilisée pour produire un nouveau combustible, baptisé le Mox . Les 4 % de déchets ultimes sont vitrifiés et stockés.

Restent donc la majeure partie : l’uranium de retraitement, qui représente 95 % du résultat du retraitement. C’est cette matière qu’Areva et EDF exportent en Russie.

« On est très très loin du chiffre annoncé par les industriels sur le retraitement des déchets nucléaires, indique Yannick Rousselet. La quantité astronomique de déchets envoyés par la France en Russie en est la meilleure preuve. »

Une mobilisation sans faille
Greenpeace est mobilisée depuis longtemps pour arrêter ces exportations qui ont démarrées dans les années 1970. La première interpellation date de 1984. Cette année Greenpeace est intervenue à trois reprises à Cherbourg le 24 janvier.

« Nous sommes suffisamment déterminés pour ne laisser passer aucun convoi, ajoute Yannick Rousselet. Les responsables politiques doivent prendre leurs responsabilités et imposer un moratoire tout de suite. »

Greenpeace mobilise le grand public pour obtenir un moratoire de la part de Jean-Louis Boorlo en proposant de lui écrire une lettre : Le Ministre a ainsi déjà reçu plus de 5600 lettres.

Campagne Océans de Greenpeace, le 12 février 2010

Journée nationale de mobilisation : Le thon rouge ne peut pas attendre !

Paris, 11 février 2010 – Les militants de Greenpeace seront mobilisés dans 25 villes en France le samedi 13 février, pour dialoguer avec les commerçants et les inviter à signer un engagement formel à ne plus vendre de thon rouge.

Une journée nationale pour des commerces « certifiés sans thon rouge »
A Paris, les militants bénévoles de Greenpeace iront donc ce samedi 13 février visiter plusieurs commerces et restaurants, dans le 8ème et dans le 2ème, pour demander aux commerçants quelle sorte de thon ils vendent, l’origine de leur marchandise, et les inciter à prendre l’engagement de ne plus servir de thon rouge de Méditerranée, espèce menacée.

Deux lieux possibles de rendez vous le 13 février à Paris
1) A 11h, angle passage Choiseul et rue Ste Anne dans le 2ème
Contact : Isabelle Philippe / 06 73 89 48 90
Ou
2) A 11h, angle rue Roosevelt et rue du Colisée dans le 8ème
Contact : Pascal Ewig / 06 16 07 50 71

Une mobilisation de l’ensemble de la société civile
Dans un sondage demandé par Greenpeace au CSA fin janvier dernier, 65% des Français interrogés se disaient pour l’interdiction de la commercialisation internationale du thon rouge, et 78% d’entre eux se déclaraient prêts à arrêter d’en manger. Certains acteurs économiques sont eux aussi mobilisés : déjà deux associations de grands restaurants, comme Eurotoques (3.800 membres en Europe) ou les Relais & Châteaux (450 enseignes dans le monde), se sont publiquement engagées à ne plus servir cette espèce en danger. Enfin, des enseignes de la grande distribution comme Auchan ou Carrefour ne commercialisent plus de thon rouge depuis le début de l’année.

La France doit comprendre que le thon rouge ne peut pas attendre
La France s’est prononcée pour l’interdiction du commerce international du thon rouge, mais avec un délai de mise en œuvre de 18 mois…Ce qui revient à dire « sauvons le thon, mais pas tout de suite ! » Les études scientifiques sont pourtant formelles : il reste aujourd’hui moins de 15% de la population d’origine du thon rouge de Méditerranée selon le comité scientifique de l’Iccat qui gère la pêche au thon. Il est donc urgent d’agir : Greenpeace demande à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, un moratoire sur la pêche industrielle au thon rouge en Méditerranée. 17500 personnes l’ont déjà fait sur http://www.greenpeace.fr/thon-rouge

« Le gouvernement joue la montre pour des raisons politiciennes, alors que le thon rouge ne peut pas attendre : dans 18 mois, ce sera trop tard ! précise François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace. « La mobilisation des citoyens et des commerçants doit rappeler au gouvernement l’urgence de la menace qui pèse sur le thon rouge. C’est maintenant qu’on doit agir ! »

Campagne Océans de Greenpeace, le 10 février 2010

Thon rouge : Le Parlement européen plus responsable que le gouvernement français !

Paris, 10 février 2010 – Le Parlement européen a voté ce midi le soutien au classement du thon rouge en annexe 1 de la Cites, rejetant les amendements qui demandaient un délai de 18 mois. Par ce vote, les élus européens demandent instamment à la Commission d’agir dès aujourd’hui pour sauver l’espèce.

« Nous saluons le vote des députés européens, qui se révèlent être plus engagés pour la sauvegarde du thon rouge que le gouvernement français ! Maintenant c’est à la Commission et au Conseil de se prononcer dans le même sens » explique François Chartier, chargé de campagne Océans. « En effet, Le délai de 18 mois demandé par la France ne s’explique que par des raisons de politique nationale et ne sert qu’à gagner du temps pour l’indemnisation des pêcheurs ; il ne tient pas compte de l’urgence pour l’espèce ».

Une victoire d’étape vers la Cites
La réunion de la Cites en mars prochain est l’occasion de mettre un terme au pillage de cette espèce. Les 27 pays membres de l’Union européenne doivent adopter une position commune, qu’ils porteront de façon unanime lors de cette prochaine conférence à Doha. Ils devraient pour cela respecter la démocratie et suivre l’avis des eurodéputés Si les 27 voix de l’Union européenne soutiennent effectivement un classement en annexe 1 sans délai et sans condition, la cause du thon rouge aura fait un grand pas vers la victoire.

« Si le vote du Parlement européen n’a qu’une valeur consultative, il met la Commission et les pays membres sur la bonne voie », précise François Chartier. « La Commission comme le Conseil, qui devraient se prononcer avant début mars, doivent prendre note de l’avis des parlementaires. »

Un soutien de plus à l’interdiction de la commercialisation internationale
Depuis quelques semaines, les soutiens à l’interdiction du commerce international se multiplient. Au moins trois sources scientifiques, d’abord, justifient le classement en annexe 1, et ce dès aujourd’hui. Le comité scientifique de l’Iccat, qui gère la pêche au thon, a établi en octobre dernier qu’il ne restait que 15% de la population d’origine, ce qui est, selon ces mêmes scientifiques, un critère objectif de classement en annexe 1. Cet avis a été confirmé par la majorité des experts d’un panel de la FAO (Organisations des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation), en décembre 2009, sans qu’il y’ait eu consensus sur la question. Enfin, l’Unité scientifique de la Cites elle-même, par la voix de son responsable David Morgan, recommandait en début de semaine un classement en annexe 1. Le soutien de la population et du secteur marchand grandit à l’approche de la Cites : Après des enseignes de la grande distribution et les Relais Châteaux, c’est l’association des Eurotoques, (3800 grands chefs en Europe), qui vient de s’engager à ne plus servir de thon rouge.

La France a-t-elle le sens de l’autocritique ?
La France doit elle aussi entendre cette demande, qui, loin d’émaner uniquement de quelques ONG, est celle de la population française, d’acteurs reconnus du monde scientifique et appuyée par des parlementaires européens : il est nécessaire d’arrêter les dommages causés au thon rouge de Méditerranée, notamment par la pêche industrielle. Greenpeace demande au ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, d’appliquer le principe de précaution, en attendant l’interdiction du commerce international, et de décider d’un moratoire sur cette pêche industrielle. 17 500 personnes ont déjà fait parvenir cette demande au ministre sur www.greenpeace.fr/thon-rouge.

Campagne Océans de Greenpeace, le 3 février 2010

Les thoniers senneurs : quand Crésus joue les cosettes

Paris, 3 février 2010 – L’annonce du gouvernement, même faible, a provoqué une déferlante de jérémiades du côté des thoniers senneurs, qui crient à l’asphyxie de leur profession. D’abord, il ne faut pas confondre les industriels du thon et les petits pêcheurs. De plus, pour ces industriels, de nombreux subsides, français et européens, ont été généreusement accordés.

« Les thoniers industriels traquent le thon rouge en Méditerranée grâce à un matériel de pointe et à des bateaux qui ressemblent plus à des yachts qu’à des barques de pêcheurs » explique François Chartier, chargé de campagnes Océans à Greenpeace France. « Si on se penche sur les chiffres, on se rend compte que les industriels du thon sont une toute petite minorité qui ont brassé des millions d’Euros d’aides publiques ».

150 emplois sur les thoniers senneurs en 2010
La flotte des thoniers senneurs française comptait 28 bateaux en 2009, avec 10 à 15 emplois par bateau. Ces marins sont employés pendant la saison de pêche, pour un mois de l’année en mer.

Le journal le Marin du 8 janvier dernier, le Languedoc Roussillon, où se trouvent les principaux ports d’attache de ces bateaux, recensait seulement 88 marins employés en haute mer sur ces thoniers. Enfin, courant 2010, une douzaine de ces bateaux devrait profiter d’un plan de sortie de flotte de 20 millions d’Euros de fonds européens, pour aller à la casse, afin de réduire la pression sur la ressource.

La manne des subsides publics
Les armateurs de bateaux ont pu cumuler des aides européennes, françaises et régionales jusqu’à 3 millions d’Euros pour financer leurs bateaux, qui coûtent de 5 à 6 millions d’Euros au total. De plus, l’Europe et ses états membres ont consacré en 2009 80 millions d’Euros à la surveillance des bateaux de pêche au large, dans la Méditerranée, afin de vérifier qu’ils ne pêchent pas plus que leur quota. Le quota de pêche pour la France était en 2009 de 3000 tonnes environ, pour du poisson vendu autour 4 Euros le kilo, cela représenterait donc un chiffre d’affaire de 12 millions d’Euros.

« Les thoniers se plaignent de l’interdiction du commerce international, mais c’est bien l’argent des citoyens qui financent leur business ! » précise François Chartier.

Les pêcheurs artisanaux respectent la ressource, pas les thoniers
La pêche artisanale représente dans ce secteur environ 600 emplois. Ces pêcheurs vivent du thon rouge, mais aussi d’autres espèces. Ils pêchent aujourd’hui une toute petite part du quota de thon rouge (300 tonnes), et doivent pouvoir continuer à pratiquer une pêche durable, sans pillage de la ressource. L’interdiction du commerce international n’empêche pas la pêche dans les eaux territoriales, en Méditerranée jusqu’ à 20 km des côtes. Les thoniers industriels seront donc touchés, car ils vont pêcher en haute mer pour traquer les poissons restants. La création d’une zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée, au-delà des eaux territoriales, doit être portée par la France pour la survie des petits pêcheurs.

« Il est insupportable qu’une minorité pille un bien commun et asphyxie une pêche traditionnelle millénaire. » conclut François Chartier « Ce sont les thoniers industriels qui se sont engraissés sur le thon rouge, et c’est à eux qu’on voudrait laisser deux saisons de pêche de plus, alors que l’Italie nous appelle à un moratoire ? »

Campagne Océans de Greenpeace, le 3 février 2010

Thon rouge : La France plie devant les pêcheurs, tout en voulant sauver les apparences

Paris, 3 février 2010 – La France a enfin arbitré pour le classement du thon rouge en annexe 1 à la Cites en mars prochain, en demandant un délai de mise en œuvre de 18 mois, ce qui sape toute la portée de sa position déclarée.

« Le gouvernement, et notamment Nicolas Sarkozy, qui devait arbitrer sur ce sujet, prétend jouer les sauveurs du thon rouge. On nous dit en substance : sauvons l’espèce, mais pas tout de suite ! », commente François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace. « Le délai demandé pour mettre en oeuvre l’interdiction du commerce international est absurde : cela revient à passer à l’action après la bataille pour la survie du thon rouge !  »

18 mois de mise en œuvre, c’est attendre la fin du thon pour agir
Reconnaître que le classement en annexe 1 est nécessaire, c’est admettre l’urgence de la situation et la gravité de la menace qui pèsent sur l’espèce. Rappelons que selon les dernières évaluations scientifiques, il reste moins de 15% de la population de thon rouge en Méditerranée, ce qui est un critère pertinent pour classer l’espèce, selon le comité scientifique de l’Iccat, organisation qui gère la pêche au thon. Dès lors, demander 18 mois pour la mise en œuvre de la mesure revient à attendre qu’il n’y ait plus de thons rouges pour agir. Cela permet encore deux saisons de pêche et autorise à ponctionner toujours plus l’espèce ! Pourquoi ce délai? Le gouvernement achète ainsi la paix sociale avec les pêcheurs, dans une période d’élections régionales.

Nicolas Sarkozy se défausse sur ses ministres
Suite à la cacophonie gouvernementale, l’arbitrage devait se faire au plus haut niveau politique. Ce sont pourtant les ministres qui ont fait l’annonce officielle aujourd’hui. Après une déclaration de Nicolas Sarkozy en clôture du Grenelle de la mer en juillet dernier au Havre pour l’interdiction du commerce international, le Président ne pouvait que laisser cette déclaration aux membres de son gouvernement. Le classement en annexe 1 entraîne l’arrêt de la pêche en haute mer, et touche donc les 28 thoniers senneurs que comptait encore la flotte française en 2009.
« Tout en appelant à l’ordre républicain, M. Sarkozy tremble devant une poignée de pêcheurs qui menacent de bloquer les ports. Suffit-il de menacer de bafouer l’ordre public pour faire plier la république ?», questionne Pascal Husting, directeur exécutif de Greenpeace France « Le manque de courage politique de la France est flagrant sur cette question ! »

Quelle position au niveau européen ?
La France est coupable d’avoir armé elle-même les bateaux industriels de pêche, les thoniers senneurs, à coups de subventions publiques (3 millions par bateau, sur un coût global de 5 à 6 millions d’Euros). Ces bateaux sont les principaux prédateurs des thons rouges adultes, responsables de l’effondrement de l’espèce sur les 20 dernières années. Aujourd’hui, la France doit admettre ses erreurs passées et s’investir pour que l’Union européenne porte un classement en annexe 1 à la Cites en mars prochain.
« Dans le sillage de l’Italie, qui s’est déjà positionnée pour le soutien à l’interdiction du commerce international, la France devra prendre ses responsabilités au niveau européen », conclut François Chartier. « Les négociations pourraient se conclure entre les 27 avant l’entrée en fonction de la nouvelle Commission, en début de semaine prochaine ».

Campagne Océans de Greenpeace, le 2 février 2010

Décryptage de la cacophonie gouvernementale sur le thon rouge

Paris, 2 février 2010 – Classement du thon rouge en annexe 1 avec ou sans condition ? Délais de 12 ou de 18 mois ? Bruno Le Maire, Jean-Louis Borloo, François Fillon, Nicolas Sarkozy : qui a le dossier en main ? Les récents articles de presse rapportent des positions divergentes et font écho à la cacophonie gouvernementale sur le dossier brûlant du thon rouge. Un flou artistique qui incite à la méfiance. Quelques éléments d’analyse, pour tenter d’y voir plus clair…

La position française : tentative de ménager la chèvre et le chou
Reconnaître la nécessité d’un classement en annexe 1, c’est admettre que l’espèce est menacée. Les dernières évaluations scientifiques estiment que la population de thon rouge en Méditerranée est aujourd’hui inférieure à 15 % de la population d’origine. C’est un des critères pertinents pour un classement en annexe 1 à la Cites.

Apparemment, la France s’orienterait vers un soutien à l’annexe 1, mais avec un délai de mise en œuvre. Cela revient à reconnaître qu’il faut sauver d’urgence le thon rouge mais qu’on le protègera après sa disparition…

Flou artistique sur les délais de mise en œuvre
A moins que la France ne se positionne en faveur d’une annexe 1 sans délais ni condition et adopte pour un moratoire national immédiat – ce qu’a fait l’Italie –, la saison de pêche 2010 aura lieu (mi-mai à mi-juin). Car il faut 90 jours pour que les mesures prises à la Cites soit effectives.

Le délai de 12 à 18 mois que la France pourrait soutenir prendrait-il effet après ces 90 jours de carence, ou les annulerait-il ? La saison de pêche 2011, avec une autre ponction désastreuse sur l’espèce, en dépend.

Les thons pêchés en mai/juin sont engraissés pendant plusieurs mois, en Méditerranée, avant d’être vendus essentiellement au Japon, en janvier-février de l’année suivante. Un contrat de vente préalable peut être signé avant engraissement. L’interdiction du commerce international prendra-t-elle effet à la date de la signature du contrat de vente (12 mois de mise en œuvre) ou de la vente effective (18 mois de mise en œuvre) ? Qu’adviendra-t-il alors des thons pêchés et engraissés ?

Bruno Le Maire défend une poignée de pêcheurs industriels, pas le petit métier
Le classement en annexe 1 entraîne l’interdiction de toute pêche en haute mer, considérée comme une importation, donc un échange international. En revanche, la pêche dans les eaux territoriales et les zones économiques exclusives (ZEE) resterait autorisée car elle est à destination d’un marché national.

Les véritables prédateurs du thon rouge, les thoniers senneurs, ces industriels de la pêche, ne pourront donc plus pêcher. En revanche, les pêcheurs artisanaux doivent pouvoir continuer à pratiquer une pêche durable et millénaire dans une ZEE qui serait étendue à des zones où on peut pêcher le thon en quantité suffisante, plus au large.

Participez à notre mobilisation pour le thon rouge