Océans | le 6 février 2013

Un cap historique vers une meilleure gestion des océans européens

Paris, 6 février 2013 – Aujourd’hui, le Parlement européen a soutenu en grande majorité une réforme ambitieuse de la Politique commune de la pêche qui met clairement le cap sur une meilleure gestion des ressources en poissons, en mettant un terme à la surpêche. Mais certains députés français se sont une fois de plus distingués par leur incapacité à défendre le bien commun.

« Greenpeace salue le vote du Parlement, qui enfin, donne les moyens à l’Union européenne de mettre un terme à la surexploitation des océans et de favoriser les meilleures pratiques » souligne Hélène Bourges, chargée de campagne océans. « C’est un bond en avant dans l’histoire de la Politique commune de la pêche, mais la route est encore longue, puisque ce texte va maintenant être négocié avec la Commission et le Conseil des Ministres de la Pêche européens, dont la position est moins progressiste que celle des parlementaires. »

La France rétrograde en matière de pêche

Si les élus au Parlement ont dans l’ensemble compris que si on continuait sur cette lancée, d’ici une trentaine d’années il n’y aurait plus de poissons, certains élus français, ont, une fois de plus, brillé par leurs positions en faveur de l’industrie de la pêche, par exemple en déposant des amendements contre l’interdiction des rejets ou pour retarder le renouvellement des stocks.

« La France, au niveau européen, défend les intérêts de la pêche industrielle, au mépris du plus grand nombre. » explique Hélène Bourges « En effet, la majorité des pêcheurs en France et en Europe sont des pêcheurs artisans – 80% de la flotte, la moitié des emplois au plan national. Les élus français du Parlement européen ne font que suivre la ligne de M. Cuvillier, Ministre de la Pêche, qui semble ignorer la réalité du secteur en France. Comme l’illustrent récemment ses propos tenus à l’Assemblée nationale, qualifiant de ‘barques’ la majorité de la flotte française. »

Deux amendements en faveur de la pêche artisanale

Dorénavant, l’impact de la pêcherie sur l’environnement, tout comme la contribution à l’économie locale seront deux des critères d’accès à la ressource en poissons. De plus, les Etats membres pourront réserver la bande littorale à l’usage des petits pêcheurs artisans.

« C’est un grand pas pour la petite pêche française » commente Gwenaël Pennarun, représentant de la plateforme de la petite pêche artisanale française, présent à Strasbourg. « Les petits pêcheurs peuvent maintenant entrevoir un avenir pour un métier qu’ils aiment. »

Les principales mesures votées : décryptage

  • Le renouvellement rapide des stocks de poissons : les mesures votées permettent de réduire la pression de pêche rapidement, ce qui permettra aux stocks de poissons, d’ici à 2020 au plus tard, de dépasser le niveau minimum garantissant leur renouvellement et une activité de pêche rentable.
  • L’interdiction des rejets de poissons (souvent non recherchés, ou hors quotas) en mer à partir de 2014 selon les espèces
  • L’obligation pour les états membres d’évaluer leur capacité de pêche selon des critères européens, et de la mettre en adéquation avec un niveau de pêche adapté à la disponibilité de la ressource.