Energie / Climat | le 29 novembre 2012

Un débat sur l’énergie qui n’abordera pas les bonnes questions

Paris, le 28 novembre 2012 – A l’occasion du lancement par la ministre Delphine Batho du débat sur la transition énergétique, Greenpeace revient sur les raisons qui l’ont poussée à refuser de participer au processus officiel.

« Il ne faut pas réduire l’absence de Greenpeace à la table du débat sur l’énergie à la seule présence d’Anne Lauvergeon dans le comité de pilotage », explique Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace. « Le problème est plus profond : pourquoi enfermer la question nucléaire dans la fermeture unique de Fessenheim ? Pourquoi laisser dépérir les filières renouvelables ? Pourquoi éviter le sujet des transports pourtant clé dans la problématique énergétique ? Des questions qui restent sans réponses… Nous n’avons plus confiance dans la volonté de ce gouvernement d’engager la France dans sa nécessaire transition énergétique. Et ce n’est pas son attitude sur Notre-Dame-des-Landes ou les nouvelles prises de parole sur les schistes qui vont nous faire changer d’avis… La vision qu’il défend actuellement appartient au passé. »

Pourquoi Fessenheim et pas d’autres ? Greenpeace pointe les vrais problèmes

Pour illustrer l’un des manques du débat, une dizaine d’activistes de Greenpeace ont déployé ce matin à la centrale du Tricastin une banderole de 60m2 sur laquelle on pouvait lire « Tricastin en zone sismique, on en parle vraiment ! ». Comme celle du Bugey, celle de Gravelines ou par exemple celle du Blayais, la centrale de Tricastin cumule les risques : plus de 30 ans comme Fessenheim, sismicité élevée, risque d’inondation, 5 sites Seveso à proximité, zone à risque d’incendie, etc.

(c) Pierre Gleizes / Greenpeace

Un vrai débat sur l’énergie ouvert, transparent, historique poserait pour la première fois la question de l’avenir du nucléaire au-delà de la fermeture de Fessenheim.

Une réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la consommation d’électricité d’ici à 2025 en ne fermant que Fessenheim et en lançant l’EPR de Flamanville, c’est une équation qui ne tient pas. Le débat doit permettre de décider la fermeture d’autres centrales nucléaires et cela doit être acté dès le démarrage.

L’abandon des renouvelables ou les reniements du gouvernement

Les filières renouvelables très prometteuses en emplois sont en panne. La filière solaire s’effondre et le développement de l’éolien est bloqué par la question des tarifs d’achat de l’électricité.

« Sur les renouvelables, François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient promis des mesures d’urgence, mais pour l’instant, rien. Encore un signe qui nous confirme le manque total de volonté d’inscrire la France sur la voie de la transition énergétique » conclut Jean-François Julliard.

Greenpeace ne participera pas au débat « dans les salons » mais sera bien présente pour défendre sa vision de la transition énergétique sur le terrain avec sa capacité d’interpellation, d’action et de mobilisation.