Energie / Climat | le 29 mars 2013

Transition énergétique : les emplois sont là!

Paris, le 29 mars 2013 – Philippe Quirion, chercheur en économie au CNRS-CIRED, et l’association négaWatt révélaient ce matin une étude évaluant les impacts sur l’emploi du scénario de transition énergétique 2011 de négaWatt (http://bit.ly/105WyDo). Le bilan est sans appel : la transition énergétique génère 235 000 créations d’emplois nets dès 2020 et plus de 632 000 en 2030.

« Greenpeace identifiait déjà en janvier dans son propre scénario de transition énergétique (http://bit.ly/Zr1Q94) que ce projet de société était porteur d’emplois« , commente Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace France. « Bien plus qu’un moyen de s’approvisionner en énergie, la transition énergétique est un vrai un tournant vers une économie durable. C’est une opportunité unique de créer des emplois et de la croissance. François Hollande doit ouvrir les yeux et saisir cette opportunité. Plus qu’un outil dans sa boite, la transition énergétique doit faire partie de la feuille de route d’un Président qui veut laisser une ‘trace’. »

Les points clés du rapport Quirion sur l’emploi dans le secteur de l’énergie

La transition énergétique génère un accroissement du nombre d’emplois équivalents temps-pleins, couplés à un transfert d’emplois entre secteurs économiques, et rapporte, au global, 220 000 emplois net dès 2020. De plus la transition énergétique génère des économies d’énergie, et donc une augmentation du pouvoir d’achat des ménages, qui se reporte vers d’autres secteurs économiques non énergétiques, induisant d’autres créations d’emplois dans ces secteurs.

Réduire à 50% le nucléaire, un chemin vers l’emploi

Selon l’étude de Philippe Quirion, les secteurs de la production d’énergie, dopé par l’essor des renouvelables, et du bâtiment, dopé par une rénovation énergétique massive, voient une importante création du nombre d’emplois net. Pourtant, les mesures de soutien au développement des énergies renouvelables, annoncées ces dernières semaines par le gouvernement, restent insuffisantes pour relancer l’activité de ces filières, notamment dans l’éolien et le solaire, bridés par des réglementations intenables. D’autre part, le plan bâtiment révélé par le président le 21 mars, signait en réalité le renoncement aux ambitions de rénovation énergétique (pas d’objectif chiffré de réduction de la consommation, pas d’interdiction du chauffage électrique).

« François Hollande s’est engagé à réduire à 50% la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2025″, rappelle Cyrille Cormier. « Son engagement passe par la fermeture d’au moins 20 réacteurs d’ici 2020. Pour y parvenir, il faut mettre en place des mesures d’efficacité énergétique et développer les renouvelables. M. Hollande doit donc revoir sa copie sur la rénovation énergétique des bâtiments et instaurer un cadre sécurisant le développement des renouvelables. L’étude de Philippe Quirion montre que ce sont aussi ces deux principaux leviers qui contribuent à inverser la courbe du chômage. »