Energie / Climat | le 23 mai 2013

Sans parler des coûts et risques réels du nucléaire, le débat sur l’énergie est un faux débat

Paris, le 23 mai 2013 – Ce matin, Greenpeace a déployé une grande banderole de 30 mètres de long sur le Quai de Grenelle à Paris en face du lieu où se tient la réunion du « Conseil National du Débat sur la Transition Energétique ». Le message inscrit sur la bannière : « Les yeux dans yeux, le débat est-il complet ?« . Greenpeace dénonce l’orientation du débat sur l’énergie à l’approche de la « Journée Citoyenne » organisée samedi 25 mai.

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« Quand on débat de la transition énergétique dans le pays le plus nucléarisé du monde, on doit aussi parler des risques et des coûts réels du nucléaire. Combien va coûter la prolongation de nos vieilles centrales si elle est décidée ? L’amélioration de la sûreté nucléaire suite à Fukushima ? La gestion des déchets ? » s’interroge Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace France. « Pour l’heure, ces sujets sont absents des discussions et des documents donnés aux citoyens. Pour comparer les scénarios énergétiques pour les années à venir, les coûts, bénéfices, avantages et inconvénients de chaque trajectoire, tout doit être mis sur la table. Y compris les nombreux défauts du nucléaire. »

Greenpeace outille les citoyens qui désirent vraiment débattre de l’énergie

En réponse aux signes négatifs envoyés par le gouvernement en matière d’énergie et à la désorganisation des préparatifs du débat, Greenpeace avait claqué la porte du processus officiel en novembre dernier. Plus de six mois après, sans méthode claire, sans réelle implication des citoyens, sans portage politique fort par le gouvernement, ce débat reste confidentiel et laborieux. Il va pourtant aboutir à une loi de programmation énergétique fondamentale pour le futur énergétique de la France.

« Qui va réellement décider du contenu de la future loi sur la transition énergétique ? Qui va décider si et comment tenir la promesse du Président de la République de réduire la part du nucléaire en France ? » ajoute Cyrille Cormier. « Vu la tournure des événements, ce ne sont pas les citoyens. Le gouvernement esquive la question du nucléaire, doit-on déjà y voir la patte des électriciens, du Medef et de la CGT ? »

Face à ce débat incomplet, Greenpeace met à disposition du public trois outils pour donner aux citoyens les moyens de comprendre et de débattre de la politique énergétique.

➤ “Le Projet E” ou la transition électrique pour sortir du nucléaire en 4 quinquennats. www.greenpeace.fr/E

➤ L’Abécédaire de la Transition Énergétique, pour décrypter en quelques clics tous les enjeux de la transition énergétique, en comprendre les termes clés. www.greenpeace.fr/abc-transition

➤ Et un rapport en infographies : les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité, pourquoi et comment. www.greenpeace.fr/fermez-les