Energie / Climat | le 24 juin 2013

Opération vérité : nucléaire ou transition, quelle facture d’électricité choisir pour le futur ?

Paris, le 24 juin 2013 – Quelques jours avant la prochaine augmentation de la facture d’électricité des Français, alors que le débat sur l’énergie touche à sa fin, Greenpeace lance une « campagne d’information » parodique sur la facture de l’électricité nucléaire du futur.

Sur www.mafacturedufutur.com, les internautes peuvent comparer et choisir entre deux factures annuelles moyennes estimées en 2017 : celle du maintien du nucléaire, celle du scénario de transition énergétique de Greenpeace.

En parodiant les propos d’EDF dans un courrier contenant une facture et dans un faux journal « 02 Minutes » diffusé partout en France, il s’agit de montrer la réalité des coûts futurs de l’énergie nucléaire si on ne change rien, si on prolonge la durée de vie des vieilles centrales nucléaires.

Plus d’explications et sources : http://act.gp/facturefutur

L’heure d’un choix crucial : on ne pourra pas faire « un peu de tout »

Une loi sur l’énergie doit être écrite puis proposée au vote à partir de l’automne. L’appareil de production électrique basé à 75% sur le nucléaire est vieillissant. 80% des centrales auront dépassé 30 ans en 2017, durée de vie initiale établie lors de leur construction. Il va falloir choisir entre le maintien et la prolongation des vieilles centrales nucléaires -avec le risque grandissant d’accident- et un investissement massif dans les renouvelables et les économies d’énergie.

« La facture d’électricité des Français va malheureusement augmenter quoiqu’il arrive« , explique Sébastien Blavier, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France. « D’importants investissements vont devoir être effectués. Comme un euro ne peut être investi dans deux endroits en même temps, on ne pourra pas faire « un peu de tout ». D’ici octobre et la présentation de la loi au Parlement, François Hollande va devoir choisir entre deux options opposées : ne rien changer ou décider de la fermeture de réacteurs additionnels, en plus de ceux de Fessenheim, s’il veut amorcer une vraie transition. »

Ce sont 10 réacteurs qui devront être fermés d’ici 2017 et 20 d’ici 2020 par François Hollande pour être en mesure de tenir sa promesse de ramener la part du nucléaire de 75 à 50% dans notre électricité à l’horizon 2025.

L’illusion du nucléaire pas cher, c’est fini

Les calculs de Greenpeace montrent que la facture du nucléaire va augmenter plus que celle de la transition énergétique. Dans le cas de la prolongation du nucléaire, la facture annuelle moyenne augmenterait d’environ 25% tandis que celle de la transition énergétique n’augmenterait que de 15%.

« En fait, la confiance des Français dans le système électrique nucléaire reposait sur l’illusion d’une énergie sûre et peu chère« , explique Sébastien Blavier. « C’est fini ! Les futurs travaux de sûreté pour maintenir en vie nos vieilles centrales et tenir compte des leçons de Fukushima, le chantier de l’EPR et la gestion des déchets, vont peser de plus en plus lourd dans la facture. On ne peut plus faire passer l’augmentation de la facture uniquement sur les investissements dans les renouvelables, comme trop souvent. »

Greenpeace donne rendez-vous samedi 29 juin dans 17 villes pour une grande journée de mobilisation où les Français pourront choisir leur facture du futur.