Energie / Climat | le 25 janvier 2013

Le chauffage électrique doit être interdit

Paris, 25 janvier 2013 – Quand les températures baissent, la consommation électrique française augmente, et l’augmentation se concentre sur quelques heures, créant un pic de demande. Le principal coupable : le chauffage électrique. Alors que le gouvernement annonce que son débat sur la transition énergétique « rentre dans le vif », le chauffage électrique doit être considéré comme obsolète et être interdit. Cela relève de la responsabilité du Ministère du logement et de l’égalité des territoires.

Greenpeace demande, dans une lettre ouverte à Madame Duflot, de prendre ses responsabilités en faisant interdire le chauffage électrique dans le cadre du plan ambitieux de rénovation thermique des bâtiments dont elle a la charge.

Le chauffage électrique : jusqu’à 40% de la consommation électrique en pic de froid
En France, qui dit pic de froid dit pic de consommation électrique, car un tiers des foyers français sont équipés de chauffages électriques, qui est pourtant un mode de chauffage générateur de gaspillage et de coûts pour les ménages. Si cette année, la température moyenne extérieure est plus clémente, en 2011-2012 lors des pics de froid, c’est jusqu’à 40% de la consommation électrique qui était due au chauffage électrique selon le bilan prévisionnel du réseau de Transport de l’électricité (RTE).

« Le système électrique français nous entraîne, avec le chauffage électrique, dans une fuite en avant vers toujours plus de consommation, explique Cyrille Cormier, chargé de campagne climat énergie à Greenpeace. La preuve flagrante de cette folle course à la puissance que le chauffage électrique nous impose : la demande électrique est passée de 74 GW au début des années 2000 à 102 GW en 2012. C’est sans doute une des raisons qui a fait que nos voisins allemands et suisses abandonnent le chauffage électrique. La France doit suivre leur exemple le plus vite possible. »

Les « grilles-pains », un coût pour tous les Français
Le chauffage électrique est d’abord une charge financière pour ceux qui l’utilisent : 700€/an en moyenne, soit environ 60€/mois, selon les calculs de Greenpeace. L’électricité reste l’énergie la plus chère pour se chauffer, 40 à 100% plus chère que le gaz naturel, par exemple. Mais ceux qui ne l’utilisent pas supportent aussi le coût d’un réseau électrique surdimensionné par rapport à l’essentiel de nos besoins. Selon l’UFC-que Choisir, en novembre 2012, pour tenir ces pics de consommation de quelques heures par an, la taille du parc électrique est passée à 123 GW alors que la consommation moyenne d’électricité sans chauffage est autour de 60 GW.

« Le chauffage électrique est d’un autre âge, ajoute Cyrille Cormier. Pour s’engager dans la transition énergétique, le gouvernement doit faire la chasse au gaspillage et le chauffage électrique en est une des premières causes. Des solutions existent : une isolation de qualité avant tout, et la production de chaleur à partir de renouvelables, pompe à chaleur géothermique, solaire thermique… ».