Energie / Climat | le 29 août 2013

Greenpeace publie une enquête sur les élus du nucléaire

Paris, le 29 août 2013 – Hervé Mariton, Xavier Pintat, Bruno Sido, Jean-Michel Baylet, Patrice Prat ou François Brottes ont une chose en commun : ce sont des élus du nucléaire. Comment influencent-ils la politique énergétique française ? C’est pour répondre à cette question que Greenpeace publie aujourd’hui un nouveau volet de son enquête portant sur les groupes de pression exerçant une influence sur les choix de François Hollande sur l’énergie. Après s’être intéressée aux industriels du nucléaire et aux ingénieurs du Corps des Mines, Greenpeace dévoile cette fois-ci une enquête sur les « élus du nucléaire ».

Qui sont-ils ?

Ce sont des élus de gauche et de droite qui défendent l’énergie nucléaire en raison des intérêts personnels qui les lient à cette industrie. Des sites nucléaires sont implantés sur leurs territoires d’élection, générant des ressources fiscales importantes. Cette manne financière assure à ces élus une forte popularité électorale car elle leur permet d’alléger la fiscalité locale et de proposer aux habitants une qualité d’équipements collectifs hors-norme.

Des élus de gauche en opposition avec François Hollande ?

A gauche, ces élus se nomment Jean-Michel Baylet (président du Parti radical de gauche et sénateur du Tarn-et-Garonne), Patrice Prat (député du Gard), François Brottes (député de l’Isère), Christian et Delphine Bataille (respectivement député et sénatrice du Nord), Didier Guillaume (sénateur de la Drôme), Michel Destot (député-maire de Grenoble), Jacques Moignard (député du Tarn-et-Garonne)…

S’ils s’entêtent à défendre le maintien du nucléaire dans la production d’électricité, les « élus du nucléaire » de gauche vont s’opposer à la promesse de François Hollande de réduire la part du nucléaire à 50% en 2025. Ces élus locaux exercent aussi un mandat national de parlementaire et vont donc participer au prochain débat parlementaire sur le projet de loi de transition énergétique. C’est d’autant plus vrai pour ceux qui siègent ou président les instances parlementaires où s’élabore la politique énergétique en France : Commission des affaires économiques et sociales à l’Assemblée nationale, Office parlementaire d’étude des choix scientifiques et technologiques (OPECST)…

« La transition énergétique se fonde sur la sortie du nucléaire« , déclare Sébastien Blavier, chargé de campagne Energie pour Greenpeace. »Ces élus sont trop dépendants électoralement et financièrement de cette industrie pour se montrer neutres sur le sujet. Le président ne doit pas se laisser affaiblir par son propre camp et maintenir avec fermeté le cap de sa promesse de réduire la part du nucléaire. »

Des affiches parodiant la fête municipale de Golfech

Pour accompagner la publication de cette enquête, des militants de Greenpeace ont installé à Bordeaux, Paris et Toulouse des fausses affiches des « Fêtes de Golfech ». Une centrale nucléaire est implantée sur le territoire de cette commune du Tarn-et-Garonne, fief de Jean-Michel Baylet. Cette affiche vante une programmation démesurée, mentionnant notamment la présence du groupe Daft Punk au bal de clôture. Le but : faire référence avec humour à la dimension pharaonique de certains équipements collectifs installés dans ces petites communes grâce à la manne financière du nucléaire. Une vidéo parodique diffusée en ligne accompagne cette publication.

« Ces installations nucléaires vont fermer, quoiqu’il arrive, étant donné leur âge avancé« , poursuit Sébastien Blavier. « Les élus doivent anticiper la transition industrielle de leurs territoires en arrêtant de défendre le nucléaire en dépit du bon sens et en se positionnant en faveur de la nécessaire transition énergétique soutenue par François Hollande. »