Energie / Climat | le 19 juillet 2012

Greenpeace occupe les locaux de Shell pour dénoncer les forages pétroliers en Arctique

Paris, 19 juillet 2012 – Ce matin à 8h15, vingt trois militants de Greenpeace ont installé un sanctuaire pour les ours polaires dans les locaux de Shell, à Colombes (Hauts-de-Seine). Quatre militants bloquent l’entrée du bâtiment, alors que d’autres occupent les bureaux de Shell. Shell est l’une des premières compagnies sur le point de se lancer dans le forage profond de grande ampleur en Arctique.

« Bas les pattes ! C’est le message que les quelque 950 000 citoyens mobilisés sur cette campagne veulent transmettre à Shell. » explique Anne Valette, chargée de campagne climat énergie à Greenpeace France. « Forer en Arctique est une folie : une marée noire y est hautement probable et sera plus destructrice que partout ailleurs. Du fait des conditions climatiques, elle serait quasiment impossible à contenir et à nettoyer : pétrole pris sous la glace, éloignement des ports, etc… »

Shell en Arctique, le premier pas vers la destruction

Shell a obtenu des autorisations pour 5 puits d’exploration, qui devraient être forés dans les semaines à venir au Nord de l’Alaska. La compagnie lancerait alors le signal de départ d’une ruée destructrice vers les dernières gouttes de pétrole de notre planète. Greenpeace demande l’interdiction de toute activité de forage en mer et de pêche industrielle dans l’ensemble de l’Arctique.

« Exploiter le pétrole de l’Arctique, c’est reculer pour mieux sauter ! » explique Anne Valette. « Les réserves de pétrole de l’Arctique font partie des derniers gisements, et ne correspondent qu’à 3 ans de notre consommation actuelle. L’extraction dans ces conditions extrêmes pourrait coûter jusqu’à 10 fois plus cher que le prix actuel du pétrole. Plus on attend pour enclencher l’inévitable transition énergétique, plus l’addition sera salée. Et ce sont les citoyens qui devront la régler. »

Pourquoi l’Arctique est cruciale pour chacun d’entre nous ?

La banquise, en réfléchissant l’essentiel de la chaleur des rayons du soleil qu’elle reçoit, aide à réguler les températures, et ce pour les 7 milliards d’habitants de notre planète. La disparition de la banquise serait un point de non retour pour le climat. L’Arctique est aussi, paradoxalement, la zone géographique où les symptômes du dérèglement climatique sont les plus flagrants, à la fois symbole et témoin de ce qui pourrait se passer sur l’ensemble du globe. C’est un des derniers endroits préservés de la planète, une réserve de biodiversité unique, et le lieu de vie de centaines de milliers de personnes qui est menacé.

Une mobilisation massive sur www.savethearctic.org et sur plusieurs continents

Depuis le 21 juin, date de lancement de la campagne, Greenpeace a récolté plus de 950 000 signatures de citoyens qui veulent que l’Arctique devienne un endroit protégé, comme l’est l’Antarctique depuis 1991. De nombreuses stars internationales, parmi lesquelles Robert Redford, Penelope Cruz, Thom Yorke ont elles aussi rejoint l’appel.
En Angleterre, lundi, 77 stations Shell ont été fermées, et le week-end dernier, des centaines de personnes se sont mobilisées dans les stations Shell en Allemagne, alors qu’aux Pays-Bas, siège de la société, la directrice de Greenpeace Pays-Bas a repris le rôle du Directeur de Shell pendant quelques heures (voir le live blog http://bit.ly/NCIFn7). Deux bateaux de Greenpeace, l’Esperanza et l’Arctic Sunrise, sont en Arctique, pour témoigner de la fragilité de cet environnement unique, et notamment produire une cartographie en 3D de la banquise, grâce à une équipe de scientifiques de l’université de Cambridge, embarquée à bord. Pour rejoindre la mobilisation, rendez-vous sur www.savethearctic.org.