Energie / Climat | le 18 mars 2014

Greenpeace encore en action Fessenheim

Fessenheim, mardi 18 mars 2014, 20h – Après qu’une soixantaine d’activistes de Greenpeace aient occupé la centrale de Fessenheim ce matin et manifesté autour du site, les militants écologistes ont mené une nouvelle action en projetant le message « Stop risking Europe » sur la piscine du réacteur n°2.

« Cette projection est faite pour rappeler que le problème est toujours là. Il n’y a plus de militants de Greenpeace dans la centrale mais l’urgence d’une transition énergétique est toujours là« , déclare Cyrille Cormier, chargé de campagne Énergie pour Greenpeace France.

Greenpeace adresse aujourd’hui un message clair : François Hollande et Angela Merkel doivent pousser l’Europe à se fixer un objectif contraignant de 45% d’énergies renouvelables d’ici 2030.

En France, la transition énergétique doit être enfin lancée et les réacteurs nucléaires ne doivent pas être exploités au-delà d’une durée maximale de 40 ans, les risques accidentels et financiers sont trop élevés. Fixer cette limite d’âge dans la future loi sur l’énergie serait pour François Hollande la meilleure manière de tenir sa promesse de réduire à 50% la part du nucléaire d’ici à 2025.

Une déclaration très inquiétante de Philippe Martin

La seule réponse gouvernementale qui a été apportée aujourd’hui face à ces enjeux cruciaux est celle du ministre de l’écologie et de l’énergie, M. Martin. Il a proposé d’accroître les capacités de renseignements et la protection des installations nucléaires, en installant des barrières haute voltage par exemple.

« La déclaration de Philippe Martin, ministre en charge de la transition énergétique, signifie qu’il considère que le problème c’est Greenpeace et non les choix énergétiques, analyse Cyrille Cormier Cette réponse est à la fois surprenante de la part de ce ministère et très inquiétante : alors que l’on attend du gouvernement une stratégie claire pour tenir la promesse du chef de l’Etat de réduire la part du nucléaire on nous répond sécurité des installations nucléaires. Clairement, le débat n’est pas là aujourd’hui. »

Rappel des faits

Actuellement, 57 activistes de 14 nationalités différentes sont toujours en garde de vue. Ils sont répartis dans 13 différents commissariats et gendarmeries en région Alsace.

Ce matin, à 5h50, une soixantaine d’activistes sont entrés dans la centrale de Fessenheim pour dénoncer le risque que fait courir le nucléaire français à l’Europe entière, et pour rappeler l’impérative nécessité d’une vraie transition énergétique en France. Certains activistes sont montés sur la piscine du réacteur n°1 et sur le dôme. Depuis ce dôme, plusieurs activistes grimpeurs ont déployé une banderole de 200 m2 indiquant « Stop risking Europe ». Ces activistes sont restés en place quatre heures.

Vers 11h45, 20 activistes de Greenpeace à bord de zodiacs ont déployé une banderole flottante de 32 m2 avec le message « Future is renewable ! Stop Nuclear ! » (« Le futur est renouvelable, arrêtez le nucléaire ! ») au pied de la centrale de Fessenheim, sur le canal du Rhin. Ces activistes ont subi un contrôle d’identité de la part des forces de l’ordre.