Energie / Climat | le 19 février 2014

Frau Merkel, M. Hollande, non au charbon et au nucléaire, la vraie transition énergétique maintenant !

Paris, le 19 février 2014 – Ce matin à 6h30, quelques heures avant un Conseil des ministres franco-allemands, dix militants de Greenpeace ont déversé, à l’aide d’un camion, cinq tonnes de charbon devant le palais de l’Elysée. Le camion est aussi chargé de déchets nucléaires : deux cuves contenant 2 000 litres d’eau contaminée au tritium. Les militants sont toujours sur place avec une bannière de cinq mètres portant le message : « La transition en Europe, ici ! Maintenant ! ».

« Madame Merkel et Monsieur Hollande doivent rejeter les énergies du passé : le charbon et le nucléaire. Ils ont le pouvoir et le devoir de lancer la dynamique de la transition énergétique en Europe. », explique Sébastien Blavier, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

Greenpeace demande à la chancelière allemande et au président de la République Française d’unir leurs efforts pour un objectif contraignant de 45% d’énergies renouvelables au niveau européen.

Seule option pour la transition en Europe : 45% de renouvelables d’ici 2030

Les autorités allemandes et françaises se targuent de collaborer et de vouloir accélérer la transition énergétique. Mais cette transition passe avant tout par des objectifs européens ambitieux pour les énergies renouvelables. C’est le cœur de la discussion qui a lieu entre les 28 pays européens pour déterminer le niveau des objectifs, contraignants ou non, en matière d’énergie renouvelable, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’efficacité énergétique d’ici à 2030.

« Les objectifs affichés pour l’instant par les deux pays pour le futur paquet climat-énergie européen 2030 sont vraiment le contraire de l’ambition revendiquée dans les discours« , analyse Sébastien Blavier. « La seule option pour la transition, c’est l’adoption d’un objectif contraignant de 45% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. »

Mettre fin au fardeau nucléaire français

Le nucléaire français et ses centrales vieillissantes mettent toute l’Europe en danger. La France est à un tournant avec l’adoption dans l’année d’une loi sur l’énergie qui devra traduire en actes la promesse de François Hollande de réduction à 50% de la part du nucléaire dans l’électricité et engager une vraie transition énergétique.

« Si la fermeture d’autres réacteurs que Fessenheim n’est pas décidée dans la loi sur l’énergie, François Hollande ne tiendra pas sa promesse. L’omniprésence du nucléaire bloque l’essor de l’industrie renouvelable et la transition en France mais aussi en Europe« , ajoute Sébastien Blavier.

La transition allemande à la merci du charbon

L’Allemagne a mis la transition énergétique au sommet de son agenda politique et industriel en réaffirmant sa sortie du nucléaire et en se fixant un objectif de 80% d’énergies renouvelables en 2050. Les énergies renouvelables viennent progressivement remplacer le nucléaire et atteignent déjà un quart du mix énergétique national. Mais tant que l’Allemagne ne s’attaquera pas au problème du charbon, la fameuse « Energiewende » sera en danger.

« Angela Merkel et l’Allemagne misent beaucoup sur le succès de son « energiewende», sa sortie du nucléaire et le développement rapide des énergies renouvelables. Mais le recours au charbon sape les ambitions climatiques« , explique Karsten Schmid, chargé de campagne énergie pour Greenpeace Allemagne. « Il faut en Allemagne une loi de sortie du charbon pour parachever la transition allemande.«