Energie / Climat | le 3 décembre 2012

EPR : un énième surcoût qui enterre une filière d’avenir

Paris, le 3 décembre 2012 – EDF vient d’annoncer cet après-midi un énième surcoût pour l’EPR de Flamanville qui devrait, pour l’heure, coûter 8,5 milliards d’euros. L’année dernière, la facture de l’EPR de Flamanville était déjà passée de 3,3 à plus de 6 milliards d’euros. Son chantier avait déjà 4 années de retard à ce moment là.

« Cette annonce entérine ce que la Cour des comptes disait en début d’année : la construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR n’est pas une option crédible pour le mix énergétique de demain : trop chère et trop lente à déployer« , explique Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France. « Qui peut d’ailleurs croire que le réacteur entrera en service en 2016 alors que le chantier vient encore de subir un arrêt prolongé de plusieurs mois en raison d’un problème sur les consoles ? »

Ce nouveau surcoût enterre définitivement la compétitivité de la technologie EPR avec un MWh à plus de 100 € face par exemple à l’éolien terrestre dont le MWh coûte aujourd’hui moins de 80 €.

« Dans le cadre du débat sur l’énergie qui s’ouvre et qui doit décider de l’avenir énergétique de la France, la filière EPR est désormais hors-jeu », analyse Sophia Majnoni. « Le coût faramineux de l’EPR, seul réacteur nucléaire autorisé à la construction en France, laisse le gouvernement face à une alternative : fermer au fur et à mesure les réacteurs vieillissants pour les remplacer par des énergies renouvelables et compétitives et ainsi opérer une réelle transition énergétique ou bien prolonger la durée de vie du parc nucléaire avec les surcoûts et surtout les risques accrus qui vont avec.«