Energie / Climat | le 24 janvier 2013

Document exclusif: le lobby de la France pour affaiblir la sûreté nucléaire

Paris, 24 janvier 2013 – Greenpeace révèle un document confidentiel et publie une synthèse qui montrent comment la France tente depuis novembre 2012 d’affaiblir les recommandations et les initiatives européennes permettant de poursuivre le travail entamé avec les stress-tests des installations nucléaires.

Documents à télécharger ici :
http://act.gp/XBYHD2
http://act.gp/WWqYDL

« L’Europe avait mis le doigt sur certaines des faiblesses du nucléaire français : les coûts des travaux post Fukushima, la question de la chute d’avion ou les périmètres d’intervention en cas d’accident, explique Sophia Majnoni. Mais les autorités françaises tentent par tous les moyens d’empêcher toute communication négative pour l’image du nucléaire et de maintenir l’illusion d’une sûreté et d’une sécurité infaillibles. »

Le gouvernement français veut clore le débat « post Fukushima »
Cet intense lobbying fait suite à la publication des conclusions de la Commission européenne, négatives pour la France, après les stress tests en octobre 2012. Plus en détail, il ressort notamment du document publié que :

– La France s’oppose à un chiffrage détaillé des coûts des travaux post Fukushima (amendement 16) estimant que la question des coûts ne regarde ni les autorités de sûreté ni la Commission européenne mais uniquement les électriciens.

– La France refuse d’admettre que les stress-tests avaient un périmètre trop limité et étaient donc incomplets. Les propositions d’amendements 12 et 13 entendent modifier le texte original pour donner l’illusion que la question de la chute d’avion et celle de la gestion de crise hors site ont été prises en compte alors que le texte de résolution reconnaît que ce n’était pas le cas.

PS et UMP unis pour une sûreté et une sécurité nucléaires européenne au rabais
Un projet de résolution très affaibli a été voté ce matin par la commission « Industrie, recherche Energie » du Parlement Européen. Ce projet allait initialement dans le sens d’une plus grande implication de l’échelon européen dans les enjeux liés à la sûreté et la sécurité des installations nucléaires suite aux stress-tests.

Le document « Draft Resolution » révélé par Greenpeace a été envoyé le 23 novembre 2012 par Guillaume Gillet, conseiller nucléaire de la Représentation Permanente de la France auprès de l’Union européenne (et ancien Directeur des Relations Internationales de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française jusqu’en avril 2012) aux parlementaires européens et comprend de nombreuses propositions d’amendements. Le deuxième document est un travail de synthèse qui compare les amendements « poussés » par la France à ceux de Catherine Trautman et Gaston Franco, ainsi qu’au projet de résolution initiale. Toutes les recommandations du gouvernement français ont été reprises et poussées par les deux parlementaires européens issus de l’UMP et du PS.