Energie / Climat | le 11 octobre 2012

6 mois de prison avec sursis pour un stress-test gratuit

Paris, le 11 octobre 2012 – Greenpeace va se pourvoir en cassation contre l’arrêt rendu aujourd’hui par la Cour d’appel de Reims à l’encontre des neuf militants ayant pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine le 5 décembre 2011. La peine est la même pour tous : six mois de prison avec sursis.

« Le tribunal vient de condamner des citoyens pour avoir mis à jour un problème de sécurité nationale« , s’inquiète Sophia Majnoni d’Intignano, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France. « Quel signal envoie la justice aux Français ? Nous irons devant la Cour de cassation pour défendre non seulement nos militants mais aussi toutes les personnes qui pourraient être amenées à désobéir à la loi quand notre démocratie n’offre pas d’autre recours face à un enjeu aussi crucial que le risque nucléaire. »

Une action légitimée par le gouvernement

Suite à l’action des militants de Greenpeace dans les centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine (Aube) et de Cruas (Ardèche) en décembre 2011, le premier ministre en exercice avait commandé un audit sur la sécurité des installations nucléaires françaises. Avec cette démarche François Fillon admettait l’utilité de l’action des militants de Greenpeace qui avait mis en lumière un problème suffisamment sérieux pour nécessiter une décision immédiate de sa part.

« Nos militants ont rendu un grand service à la communauté en démontrant des faiblesses dans la sécurité des installations nucléaires« , commente Sophia Majnoni d’Intignano. « Ils ont effectué un stress-test gratuit ! En échange ils sont condamnés à de la prison pour violation de domicile… Ça n’a pas de sens. Mais le plus grave dans cette affaire est que sur le fond rien n’a changé depuis leur action : la sécurité nucléaire ne s’est pas améliorée et nous n’avons aucune nouvelle de l’audit demandé par M. Fillon. »

La désobéissance civile

En France, le débat sur le nucléaire est jusqu’à maintenant confisqué par un État et des responsables politiques et industriels obsédés par l’énergie atomique. Depuis sa création en 1971, Greenpeace dénonce des atteintes à l’environnement en pratiquant la désobéissance civile et en menant des actions non-violentes, légitimes, même si elles peuvent être illégales. Les militants assument les conséquences juridiques de leurs actes, mais doivent bénéficier d’un traitement particulier : ils ne sont pas délinquants, ils servent l’intérêt général. Comme le rappelle l’historien américain Howard Zinn, « ces protestations « hors la loi » ne sont pas une atteinte à la démocratie, mais sont essentielles à la démocratie« .