Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 23 décembre 2009

Greenpeace condamne l’emprisonnement préventif de 4 défenseurs du climat

Paris, le 23 décembre 2009 – Quatre activistes de Greenpeace vont passer Noël et le jour de l’an en prison à Copenhague après que la Cour suprême danoise ait aujourd’hui rejeté leur demande de libération. Juan Lopez de Uralde (Espagne), Nora Christiansen (Norvège), Christian Schmutz (Suisse) et Joris Thijssen (Hollande) sont emprisonnés au Danemark et mis à l’isolement sans jugement, jusqu’au 7 janvier.

Greenpeace condamne la décision de la Cour suprême, alors que les décideurs politiques incapables de s’accorder sur un traité juridiquement contraignant sont eux rentrés chez eux tranquillement. L’association appelle l’opinion à l’aider à faire libérer les quatre activistes : Greenpeace France a lancé une pétition en ligne adressée à l’ambassade du Danemark, http://energie-climat.greenpeace.fr/quatre-de-nos-activistes-en-prison-a-copenhague, qui a déjà récolté plus de 10 000 signatures.

Dans les autres pays des manifestations sont organisées devant les ambassades danoises. Malgré la décision de la cour aujourd’hui, la libération des activistes de Greenpeace reste à la discrétion du chef de la police danoise.

Une condamnation sans procès

« Priver les activistes de passer les fêtes en famille est effectivement une condamnation sans procès. C’est totalement disproportionné par rapport à ce qu’ils ont fait. » déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. « Nous avons donné les garanties aux autorités danoises que, comme n’importe quel activiste de Greenpeace, ces quatre personnes retourneront au Danemark pour leur procès, mais la police souhaite les garder en détention préventive jusqu’au 7 janvier. Nous appelons nos millions d’adhérents et de sympathisants dans le monde à se joindre à l’appel pour les quatre du « dîner de gala ». »

Quel est leur « crime » ?
Leur « crime » ? Avoir manifesté de façon non violente un point de vue partagée par de millions de gens et avoir brandi des banderoles portant le message « Les politiciens parlent, les leaders agissent ! », le 17 décembre, dans le palais de la Reine du Danemark, lors du dîner de gala organisé pour les chefs d’État.

Greenpeace a lancé cette action non-violente à visage découvert : les logos de Greenpeace étaient collés sur les pare-brises des limousines, quant aux numéros des plaques d’immatriculations, il s’agissait du 007 en référence à James Bond. Par ailleurs Greenpeace coopère en toute transparence avec la police danoise qui mène l’enquête.

Une action justifiée
Le sommet s’est terminé sur un échec. Pas d’accord contraignant, ni d’objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

« Le texte auquel a abouti la conférence de Copenhague n’est ni équitable, ni ambitieux ni légalement contraignant. Il ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit et ne permettra pas de contenir l’augmentation de la température sous les deux degrés recommandée par les scientifiques », rappelle Pascal Husting. « Mais si Copenhague est un échec, le combat continue : nous augmenterons la pression sur ceux qui ont sabré le champagne à Copenhague. »

Campagne OGM de Greenpeace, le 22 décembre 2009

MON 810 : Nouveau désaveu pour la culture OGM, Greenpeace demande son interdiction

Paris, le 22 décembre 2009 – Aujourd’hui le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), rend son avis sur le renouvellement de l’autorisation de culture, importation et transformation du maïs MON 810. Cet avis montre clairement que le MON 810 est plus un problème qu’une solution.
En particulier, le comité économique, éthique et social (une des deux composantes du HCB) estime dans sa majorité que le MON 810 présente plus d’inconvénients que d’avantages.
Par ailleurs, le comité scientifique (l’autre composante du HCB) indique que certaines questions posées à l’Agence européenne de Sécurité des Aliments (AESA) n’ont pas obtenu de réponses, laissant un doute sur l’innocuité de ce maïs.

Déjà interdit dans 6 pays
La France, la Grèce, l’Autriche, la Hongrie, l’Allemagne et le Luxembourg n’autorisent pas aujourd’hui la culture du MON 810 grâce à la clause de sauvegarde prévue dans la législation sur les OGM.

Pour Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM pour Greenpeace, « Le MON 810 est une vieille culture qui est interdite depuis plus de 10 ans dans certains pays. Les gouvernements doivent maintenir leur clause de sauvegarde et la commission devrait même interdire purement et simplement la culture de ce maïs transgénique ».

La réautorisation du MON 810 par la Commission européenne (tout OGM doit être réévalué dix ans après son autorisation) sera discutée dans les prochaines semaines. Au vu de l’avis du HCB, il devient évident que les pays ayant invoqué la clause de sauvegarde ne peuvent décemment pas retourner leur veste et doivent même peser sur la commission pour que cette demande de réautorisation soit rejetée.

Greenpeace demande que la culture du maïs génétiquement modifié MON 810 soit définitivement interdite dans l’Union européenne.

Incriminé dans une étude le 11 décembre
Le 11 décembre un organisme indépendant le Crii-Gen (Comité de Recherches et d’Informations sur le Génie Génétiques) a publié une étude inquiétante sur trois OGM autorisés à la consommation humaine et animale en Europe : le MON 863, le NK603 et le fameux MON 810, objet de l’avis du HCB.

Dans un communiqué le Crii-Gen assure que : « Cette publication internationale montre des effets particuliers liés à la consommation de chaque OGM, différents selon le sexe et la dose. Ils sont associés aux foies et aux reins, les principaux organes réagissant lors d’une intoxication alimentaire chimique. D’autres effets touchent le coeur, les surrénales, la rate et les globules sanguins.
Des tests aussi courts et avec si peu d’animaux étudiés par groupe ne peuvent pas apporter des preuves finales de toxicité ou d’innocuité, ils sont cependant assez inquiétants pour réclamer que des études soient refaites sur une durée plus longue, sur plusieurs espèces et générations avec un nombre d’individus garantissant une puissance suffisante des tests statistiques
».

Cette étude, trop récente, n’a pas été prise en compte dans l’avis du HCB. Cependant elle met en avant les incertitudes et les risques potentiels du MON 810.
Elle confirme la demande de Greenpeace pour son interdiction en Europe.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 22 décembre 2009

Post-Copenhague : Greenpeace demande à Nicolas Sarkozy de poursuivre les négociations climatiques dans le cadre de l’Onu

Paris, le 22 décembre 2009 – Reçue aujourd’hui avec d’autres ONG à l’Élysée, Greenpeace compte faire part à Nicolas Sarkozy de sa déception et de sa colère. Et pour plaider la cause des 4 militants de l’organisation emprisonnés au Danemark.

Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, sera présent à l’Élysée à partir de 13 heures et joignable au 06 73 89 23 19.

« Texte sans aucun objectif chiffré, négocié pour les caméras dans le dos de la grande majorité des Etats membres des Nations unies, aucun mandat pour obtenir un accord contraignant en 2010 : on repart à la case départ, nous sommes aujourd’hui moins avancés qu’il y a deux ans à Bali », déplore Karine Gavand.

L’Onu ne doit pas devenir un bouc émissaire
À Copenhague, on a assisté à un détournement des processus de négociations officielles onusiennes, avec la création d’un circuit parallèle réunissant les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du sud et quelques pays européens, dont la France. Ces pays, qui ont élaboré un texte pour tenter ensuite de l’imposer aux autres États sont, à peu de choses près, ceux qui composent le Forum des Économies Majeures – processus lancé par George W. Bush pour contourner l’Onu.

« Ces États ont tenté de transformer l’Onu en G 20. Si l’Onu a failli à Copenhague, c’est parce qu’une poignée de participants avait décidé de ne pas jouer le jeu, déclare Pascal Husting. Le système onusien est loin d’être parfait. Mais c’est le seul qui offre un cadre de négociations multilatéral et contraignant, c’est le seul où peut et doit s’inscrire la lutte contre les changements climatiques. La France a tort de critiquer le cadre de négociations onusien et de tirer sur l’ambulance. »

L’Europe, la France n’ont pas été à la hauteur
Le triste match entre les États-Unis et la Chine ne doit pas faire oublier la responsabilité de l’Europe, paralysée, incapable de s’engager de façon ambitieuse et de parler d’une seule voix. Les initiatives isolées de Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy n’ont en rien contribué à renforcer une dynamique collective.

« Quand on n’est pas capable de s’entendre à 27 pour relever les ambitions, on n’a pas de leçon à donner au reste du monde, affirme Pascal Husting. La France n’a pas joué le jeu des négociations multilatérales et a multiplié les initiatives parallèles. Elle a vidé de sa substance le processus international. »

Greenpeace demande la libération de 4 militants
Quatre militants de Greenpeace sont emprisonnés au Danemark et mis à l’isolement sans jugement, jusqu’au 7 janvier. Leur « crime » ? Avoir manifesté de façon non violente une opinion largement partagée et brandi des banderoles portant le message « Les politiciens parlent, les leaders agissent ! », le 17 décembre, dans le palais de la Reine du Danemark, lors du dîner de gala organisé pour les chefs d’État.

Greenpeace demande au président de la République d’intervenir en faveur de ces activistes et a lancé une pétition adressée à l’ambassade du Danemark en France sur http://energie-climat.greenpeace.fr/quatre-de-nos-activistes-en-prison-a-copenhague

À Copenhague, les pays en développement, victimes des changements climatiques, mais aussi la société civile ont progressivement été exclus de la négociation et se trouvent aujourd’hui brimés. Et là aussi, c’est l’un des principes fondamentaux des Nations unies qui est trahi.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 21 décembre 2009

Copenhague : une bataille essentielle est perdue. Le combat continue…

Copenhague, 19 décembre 2009 – Après une nuit mouvementée, les États membres des Nations unies ont clôturé le sommet mondial de Copenhague dans le chaos, l’amertume et la confusion. Les représentants des pays les plus vulnérables ont fini par perdre leur dernière bataille : l’assurance d’obtenir un accord juridiquement contraignant l’année prochaine, au Mexique.

Copenhague n’ouvre même pas la voie à un accord contraignant
« La conférence n’a même pas réussi à imposer la conclusion d’un accord juridiquement contraignant pour 2010. Certes, les négociations se poursuivront l’année prochaine. Mais il va falloir repartir de la case départ. Nous voilà exactement là où nous étions à Bali, il y a deux ans », déplore Pascal Husting, directeur de Greenpeace France.

Face à ce désastre, Greenpeace condamne fermement l’arrogance et l’égoïsme des chefs d’État et de gouvernement des pays les plus puissants au monde, qui ont tenté d’imposer un texte « à prendre ou à laisser », négocié entre eux et vendu aux médias avant même d’être présenté aux Nations unies.

Immense déception provoquée par les pays industrialisés
Principal responsable du désastre de Copenhague, le président des Etats-Unis, dont la venue avait soulevé d’immenses espoirs. Barack Obama a terriblement déçu en s’inscrivant dans la droite lignée de George W Bush son prédécesseur.

L’Europe a fait la preuve de son impuissance totale, incapable d’améliorer son objectif de réduction de ses émissions comme de chiffrer son soutien aux pays en développement après 2012. Incapable aussi de parler d’une seule voix. En témoignent les initiatives aventureuses et isolées de Nicolas Sarkozy, par exemple. A la tribune onusienne, le président français a certes interpellé avec vigueur ses homologues avec une série de provocations sur le mode « Qui osera dire ? ». Mais il s’est montré incapable de passer des belles paroles aux actes et laisse sans réponse la seule question vraiment importante : « Qui osera faire »…

Quant à la Chine, elle n’a certes pas facilité les négociations, mais il faut admettre qu’elle n’a pas à assumer comme les pays riches la responsabilité historique de la situation de crise climatique actuelle.

Les politiciens parlent, les leaders agissent
Le leadership n’est pas venu des pays responsables du dérèglement climatique et qui auraient pu faire de Copenhague un succès. Il est venu des millions de personnes qui se sont mobilisées pour les pousser à agir. Il est venu des pays les plus vulnérables, qui ont résisté jusqu’au bout de la nuit à l’accord que tentait de leur imposer une poignée de pays riches, leur donnant une leçon méritée de gouvernance mondiale.

« Des millions de personnes, riches ou pauvres, au Nord comme au Sud, ont pris conscience que notre avenir commun est en jeu et dépend des solutions que nous apporterons à la plus grande menace qui pèse sur notre planète. Si cette conférence est un échec, elle a ouvert la porte à un débat mondial sur la nécessité d’agir pour sauver la planète, c’est une première. Et la seconde étape c’est Mexico, l’année prochaine, conclut Karine Gavand, responsable de la campagne climat à Greenpeace France. Nous ne pouvons changer la science, alors il faut changer la politique. Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d’hommes politiques ! »

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 19 décembre 2009

Copenhague : l’accord qui n’en était pas un - Réaction du RAC-France et de ses associations membres

Copenhague, le 19 décembre 2009 – Coup de théâtre, cette nuit, à Copenhague, en plénière des Nations unies : plusieurs pays refusent l’accord proposé.

« À Copenhague, Tuvalu refuse de mourir. Ce minuscule État insulaire du Pacifique a ouvert le bal et rejeté, avec d’autres, la proposition d’accord désastreuse, bouclée entre pays riches et annoncée aux médias et au monde comme le résultat de la conférence », déclare Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace.

En fin de journée, alors que les négociations semblaient être embourbées, Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont chacun tenu une conférence de presse juste à temps pour être repris dans tous les médias et les journaux télévisés.

Ils ont chacun assuré que « le monde » s’était entendu sur un accord à Copenhague. En réalité, l’accord en question avait été rédigé par une poignée de pays qui ont cru pouvoir l’imposer au reste du monde. Et cela, avant même que cet accord n’ait été validé en plénière par les 192 pays représentés.

Selon Sandrine Mathy, présidente du RAC-F, « certains chefs d’État ont cru bon, en arrivant à Copenhague, de donner un coup de pied dans la fourmilière jugée trop lente du processus de négociations des Nations unies. C’était se tromper de forum : le sommet de Copenhague n’est pas un G20 ».

L’accord présenté par Nicolas Sarkozy, énième texte de la journée soumis à discussion entre 25 pays sensés représenter l’ensemble des groupes régionaux, n’avait en réalité pas le soutien du reste de la communauté internationale. Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont donc tenté de passer en force un accord qui n’en était pas un.

À 3h30 du matin, enfin de retour en plénière des Nations unies, plusieurs pays en développement ont clamé haut et fort leur refus d’un tel accord et ont dénoncé « un processus totalitaire et un manque de respect de la part des pays industrialisés ».

« Alors que Copenhague devait rassembler par un contrat de confiance l’ensemble des pays autour de la cause climatique, l’arrogance de quelques chefs d’État ébranle le processus même des négociations. Le multilatéralisme a peut être malheureusement été remis en cause de manière irréversible », constate Morgane Créach directrice du pôle international du RAC-France.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 18 décembre 2009

Copenhague : l’Onu va-t-elle accepter le pire accord possible ?

Copenhague, le 18 décembre 2009 – Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d’un traité l’année prochaine : difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague que la déclaration présentée ce soir par Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Aux antipodes de l’accord international équitable, ambitieux et juridiquement contraignant qui aurait permis de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C.

« Ni équitable, ni ambitieux ni juridiquement contraignant. Si les Nations unies adoptent le texte présenté ce soir, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Copenhague n’auront pas rempli leur mission, déclare Pascal Husting. Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front. »

Les chiffres ne sont pas à la hauteur
La déclaration réaffirme qu’il faut limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d’ici à 2050. Impossible avec les engagements chiffrés cités en annexe…

« Quelle forfaiture : ce texte nous entraîne sur une trajectoire d’augmentation des températures d’au moins 3° C, ce qui revient à jouer à la roulette russe avec le chargeur à moitié plein, note Karine Gavand. Les seuls qui peuvent sabrer le champagne ce soir sont les industriels du charbon ou du pétrole et les climato-sceptiques. Copenhague est une régression par rapport à Kyoto. »

L’Europe paralysée laisse les États-Unis flinguer la conférence
À aucun moment l’Europe n’est sortie du bois. Elle en est restée au stade des discours, de même que la France, incapable de montrer l’exemple en améliorant son objectif de réduction de ses émissions ou en chiffrant le montant du soutien financier destinés aux pays en développement.

Les pays industrialisés sont responsables de plus des deux tiers des émissions rejetées dans l’atmosphère. La Chine a beau être devenue le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, un Chinois n’émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, là où un Européen en rejette 10, et un Américain, 20.

« Il faut dire la vérité aux gens : on peut critiquer la Chine, mais ce sont les promesses non tenues et le manque d’ambition des pays riches qui ont complètement siphonné les négociations, déplore Pascal Husting. En matière de changements climatiques, Barack Obama s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur George W. Bush. »

La naissance d’une mobilisation citoyenne mondiale pour le climat
« Les leaders de ce monde se montrent incapables d’accomplir la mission que leur ont confiée des millions de citoyens, conclut Pascal Husting. Voilà qui va rendre beaucoup plus difficile la lutte contre les changements climatiques. Mais dans ce désastre de Copenhague, une touche d’optimisme : la mobilisation citoyenne mondiale sans précédent qui va poursuivre ce combat. Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d’hommes politiques ! »

Attention : l’Onu doit encore adopter la déclaration politique
Attention, il n’y a pas encore de décision de la COP. Les quelque 190 Etats souverains rassemblés aux Nations unies doivent encore adopter le texte de négociations présenté ce soir par les Etats-Unis et la France – ce que ces derniers pont apparemment oublié, se croyant à un G8 et non à l’Onu ! Si ce texte est adopté, on pourra considérer que deux ans de travail et de négociations auront été perdus.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 18 décembre 2009

Copenhague : vers le désastre total, à moins d’un miracle…

Copenhague, le 18 décembre 2009 – Il ne reste que quelques heures de négociations pour les chefs d’État et de gouvernement rassemblés à Copenhague. À moins d’un miracle, la perspective d’obtenir un accord équitable, ambitieux et juridiquement contraignant qui permette de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C paraît totalement condamnée.

Attention au greenwashing !
Ce qui se profile à Copenhague a des allures de désastre total. Les chefs d’Etat semblent venus pour la photo de famille et ne se priveront pas de communiquer à tour de bras sur leurs louables intentions, les efforts entrepris…

« Il faut dire la vérité aux gens : la conférence de Copenhague va droit dans le mur. Les promesses non tenues des pays riches siphonnent les négociations. Copenhague va mettre le monde sur la voie d’une augmentation des températures de plus de 3°C, déplore Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. Les leaders de ce monde sont incapables d’accomplir la mission que leur ont confiée des millions de citoyens : boucler un accord international équitable, ambitieux et juridiquement contraignant qui permette de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C. »

Exit le traité juridiquement contraignant, on part sur une déclaration politique.
Les chefs d’Etat sont prêts à se contenter d’une déclaration politique, semblable à celles qu’ils prononcent à l’issue de chaque sommet du G8. Il n’y a aucune certitude sur le caractère légalement contraignant du texte qui devra être négocié en 2010.

Des objectifs de réduction à mille lieux des préconisations des scientifiques.
Échec total et général sur l’un des piliers de la lutte contre les changements climatiques : les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les engagements des pays en développement à réduire la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre sont obstrués par le monde industrialisé.

Finances : tous d’accord sur les besoins mais… personne ne veut payer
On risque d’aboutir seulement à un chiffre concernant les besoins de financements des pays en développement à long terme (post-2012). L’accord sur les financements pour les trois prochaines années (dits les « fast-track ») constituent le pourboire. Personne n’est prêt à payer l’addition…

Protection des forêts : une coquille vide…
Le mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et la dégradation forestière (connu sous l’acronyme REDD), sera une coquille vide si aucun objectif de réduction de la déforestation à 2020 n’est réintégré dans le texte, et si les pays industrialisés ne précisent aucun montant concernant les financements publics qu’ils devront débloquer pour atteindre cet objectif à 2020.

La seule chose qu’il reste à faire…
Seuls des engagements plus ambitieux sur les points suivant peuvent sauver aujourd’hui l’accord de Copenhague :
- des réductions drastiques des émissions en accord avec la science ;
- une clarification des sources de financements pour les pays en développement ;
- un mandat et un calendrier stricts, entérinés par une décision de la COP, pour un accord juridiquement contraignant dans la voie de négociation du protocole de Kyoto et dans le voie de la Convention Climat.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 18 décembre 2009

Copenhague : Greenpeace interpelle les chefs d’État sur le tapis rouge présidentiel. Ils ont 24h pour sauver le climat

Copenhague, le 17 décembre 2009 – À la veille de la conclusion du sommet mondial sur le climat, des activistes de Greenpeace se sont invités au dîner royal des cent vingt chefs d’Etat organisé par la reine Margrethe II au palais de Christiansborg, le Parlement danois.

Déjouant un imposant dispositif de sécurité, le « couple présidentiel » de Greenpeace est sorti d’une limousine en tenue de soirée. Ils ont monté les marches sur le tapis rouge et, une fois en haut, ils ont brandi des banderoles avec le message : « Politicians talk, leaders act » (les politiciens parlent, les leaders agissent).

Par cette opération, Greenpeace adresse aux dirigeants un message porté par des millions de personnes dans le monde qui veulent que soit conclu à Copenhague un accord international équitable, ambitieux et juridiquement contraignant, qui permette de maintenir l’augmentation des températures sous la barre de 2° C et donc d’éviter la catastrophe.

« Nous n’avons que 24 heures pour éviter le chaos climatique. Les négociations sont embourbées et de nombreux États jouent au poker avec la planète, déclare Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Afin de sortir de l’impasse, les pays industrialisés doivent mettre leurs cartes sur la table. S’ils ne s’alignent pas avec les conclusions des scientifiques, nous risquons une augmentation de plus de 3°C des températures mondiales. »

Hors du Bella Center, Greenpeace a multiplié les actions
En fin d’après-midi, Greenpeace a projeté le message « Ne trahissez pas l’avenir de nos enfants » en anglais, français et allemand sur les murs du palais et du bâtiment qui abrite les bureaux du Premier ministre dans le centre de la capitale danoise. Pendant ce temps, d’autres militants ont posé des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire : « Les politiciens parlent, les leaders agissent » sur des lampadaires et d’autres lieux en hauteur, en dehors du périmètre de sécurité, afin de communiquer directement avec les chefs d’Etat en route pour le palais.

« Les dirigeants des pays industrialisés n’ont plus que quelques heures devant eux pour s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 40 % d’ici à 2020 et à mettre sur la table 110 milliards d’euros chaque année de financements publics afin que les pays en développement puissent investir dans les technologies propres, s’adapter au changement climatique et protéger les forêts tropicales, reprend Karine Gavand. S’ils échouent, on se rappellera d’eux comme ceux qui ont précipité la planète dans le chaos. »

L’opération « red carpet » de ce soir fait écho une action similaire, réalisée il y a moins d’une semaine, le 11 décembre, avant un sommet de l’Union européenne à Bruxelles. Malgré des mesures de sécurité draconiennes, plusieurs militants avaient surgi d’une camionnette juste devant l’entrée du bâtiment où commençaient d’arriver les dirigeants des 27 pays de l’UE. Voir http://energie-climat.greenpeace.fr/greenpeace-sinvite-au-conseil-europeen-de-bruxelles-sur-le-climat-pour-reveiller-les-politiques

Vous pouvez découvrir cette action sur http://www.dagbladet.no/2009/12/17/nyheter/utenriks/klimatoppmotet_i_kobenhavn/9563394

Campagne Energie / Climat - Forêts de Greenpeace, le 18 décembre 2009

Copenhague : le texte qui est sur la table conduirait à une augmentation des températures d’au moins 3 degrés !

Copenhague, le 17 décembre 2009 – Jeudi 17 décembre, en fin d’après-midi, un document de travail confidentiel a fuité du secrétariat de la convention des Nations unies sur le climat. Ce document montre clairement que les chiffres actuellement sur la table de négociations nous amèneraient tout droit vers une augmentation de 3° C des températures mondiales, soit bien au-delà de l’objectif de 2° C.

« C’est simplement la feuille de papier actuellement la plus importante du monde aujourd’hui. Ce document prouve que l’accord qui se prépare à Copenhague nous mène à la catastrophe si personne ne réagit, commente Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International. Une augmentation de trois degrés signifie la dévastation de l’Afrique et l’effondrement probable d’écosystèmes dont des milliards d’êtres humains dépendent. Les dirigeants du monde ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Ils viennent de recevoir un préavis. Ils n’ont plus qu’un jour pour agir, sinon le monde se souviendra d’eux comme ceux qui ont expédié dans le monde au chaos. »

Document téléchargeable sur presse.greenpeace.fr/wp-content/uploads/leaked-secritariat-doc-degrees.pdf

Un mécanisme REDD ambitieux est plus que jamais nécessaire !
Ce document ne tient que partiellement compte des effets d’un futur mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et la dégradation forestière (connu sous l’acronyme REDD), responsables de 20 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales.

Greenpeace appelle les chefs d’État réunis à Copenhague à adopter un dispositif REDD qui comprenne :
- un objectif global de -50 % de réduction de la déforestation brute (et non pas nette, qui permettrait de compenser la destruction des forêts primaires par des plantations industrielles) ;
- une comptabilisation nationale des émissions ;
- un financement de REDD assuré par les pays industrialisés, via des mécanismes innovants, notamment fondés sur le principe pollueur-payeur.

Les États-Unis défendent les profits à court terme de leurs industries polluantes
Les États-Unis poussent pour que les projets de réduction de la déforestation permettent aux industries polluantes du nord de se soustraire aux réductions d’émissions, via les crédits de compensation.

Jusqu’à présent, l’Union européenne résiste et tient bon. Mais Nicolas Sarkozy inquiète en évoquant le marché du carbone avec les dirigeants du bassin du Congo, ou en oubliant de rappeler, ici à Copenhague, l’objectif européen de réduire de 50 % la déforestation brute dans les pays en développement.

« Demain, les chefs d’Etat vont devoir trancher, déclare Jérôme Frignet, responsable de la campagne Forêts de Greenpeace France. REDD doit être un mécanisme efficace contribuant à nous ramener sur la trajectoire de 2°C, et non un dispositif de “greenwashing”, permettant de gonfler les objectifs de réduction d’émissions affichés par les États-Unis grâce au marché du carbone, au prix d’une trajectoire 3°C ou au-delà. »

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 17 décembre 2009

Copenhague : Nicolas Sarkozy fait un discours volontariste et plein d’emphase mais… oublie encore les chiffres !

Copenhague, le 17 décembre 2009 – À la tribune des Nations unies, le président de la République française vient de terminer un discours volontariste et plein d’emphase. Mais il manque toujours les deux chiffres qui indiqueraient clairement ses ambitions pour la France et l’Europe à Copenhague.

Il reste à Nicolas Sarkozy une possibilité pour afficher ses objectifs : le sommet des chefs d’Etat européen qui devrait se tenir ce soir, à Copenhague.

« On aurait presque envie d’applaudir le discours de Nicolas Sarkozy. Tout y est, à ceci près : il manque deux chiffres pour que la France et l’Europe puissent faire la différence », déclare Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France.

- 40%
L’Europe doit s’engager à réduire d’au moins 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Elle doit le faire ce soir. Lors du sommet extraordinaire des chefs d’État européen prévu ici dans la capitale danoise.

35 milliards d’euros par an
C’est la part de l’Europe pour soutenir les pays en développement face à la crise climatique.

« Par leur inertie, leur manque d’ambition, leur égoïsme, les pays industrialisés ont mis les négociations sur le climat au bord de la catastrophe. Ils refusent d’accepter des réductions plus importantes de gaz à effet de serre et de fournir un financement adéquat pour soutenir les pays en développement, affirme Karine Gavand. Pour reprendre le contrôle de cette situation chaotique, Nicolas Sarkozy et ses homologues européens doivent montrer l’exemple et chiffrer leurs belles intentions de façon unilatérale et inconditionnelle. »

Il reste moins de 24 heures aux Nations unies pour parvenir à un accord équitable, ambitieux et juridiquement contraignant, qui permette de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C.