Les communiqués de presse de Greenpeace France

Campagne OGM de Greenpeace, le 3 novembre 2009

Définition du « sans OGM » : la moins mauvaise possibilité de maintenir et amplifier les filières sans OGM…

Paris, le 3 novembre 2009 – Le Haut conseil sur les biotechnologies (HCB) vient de publier son avis sur la définition des filières dites « sans OGM ». Pour Greenpeace, ces définitions constituent la moins mauvaise façon de permettre la pérennité des productions sans OGM dans le contexte d’une loi condamnable, qui prétend organiser une coexistence impossible dans les faits et va donc légaliser la contamination génétique.

Résumé des conclusions du CEES
Pour le HCB, il est nécessaire de distinguer les filières végétales et animales. En ce qui concerne les filières végétales, c’est-à-dire les végétaux et leurs dérivés (par ex. le soja, la lécithine de soja ou l’huile de soja), un produit sans OGM doit contenir moins de 0,1 % d’OGM, qui correspond au seuil fiable de quantification d’un OGM.

La même règle s’applique pour les filières animales, c’est-à-dire les produits issus d’animaux, qui pourront être « sans OGM » si les animaux ont été nourris avec des végétaux dits sans OGM. Mais pour cette filière, le HCB accepte aussi un étiquetage du même type pour les produits issus d’animaux ayant consommé des produits végétaux non étiquetés OGM, c’est-à-dire qui contiennent moins de 0,9 % d’OGM.

Cette tolérance est due au fait que de nombreux opérateurs ont fait le choix de ne pas utiliser d’OGM, mais sont dépendants des importations de pays tiers, comme le Brésil, où la règle du sans OGM ne s’applique pas, en raison du règlement européen sur l’étiquetage des OGM. Un importateur de soja ne peut aujourd’hui réclamer du soja « sans OGM » (en dessous de 0,1 %), mais seulement du soja non étiqueté OGM (en dessous de 0,9 %)

La coexistence n’existe pas
Comme le rappellent un grand nombre de scientifiques, il faut accepter que « sans OGM » signifie « un peu d’OGM » pour rendre la coexistence possible. La liberté de produire et consommer sans OGM devient un slogan dénué de réalité.

Greenpeace a accepté de participer au HCB pour tenter de limiter les impacts négatifs des disséminations d’OGM et de faire en sorte que les décrets d’application de la loi sur les cultures d’OGM soient le plus précautionneux possible. Cette participation ne constitue en aucun cas une acceptation des termes de la loi OGM ou du concept de coexistence. Greenpeace reste résolument opposée à toute dissémination d’OGM dans l’environnement.

« Nous espérons que la possibilité pour les consommateurs de montrer leur choix de produits “sans OGM” provoquera une forte demande, qui contraindra le marché des OGM à céder la place à une agriculture durable tout en préservant au maximum le choix des producteurs et des consommateurs de produire et consommer sans OGM, reprend Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. Nous voulons permettre à tous ceux qui font des efforts pour une production sans OGM de se maintenir et assurer qu’il reste des cultures indemnes d’OGM et que la réversibilité soit possible. »

Rappel du contexte
Cet avis est le premier du HCB, créé par la loi sur les OGM de juin 2008, qui instaure la liberté de consommer et de produire avec ou sans organismes génétiquement modifiés. Cette loi précise que la définition du « sans organismes génétiquement modifiés » se comprend par référence à la définition communautaire. Dans l’attente d’une définition européenne, le seuil correspondant est fixé par voie réglementaire, sur avis du Haut Conseil des biotechnologies, espèce par espèce.

Campagne Energie / Climat de Greenpeace, le 3 novembre 2009

Nucléaire : les scandales se multiplient, la débâcle continue… Les responsables politiques doivent réagir !

Paris, 3 novembre 2009 – Grave problème de sûreté du réacteur EPR, scandale des exportations de déchets radioactifs en Russie : Greenpeace dénonce une industrie nucléaire française incapable de gérer ses centrales, ses matières radioactives et de concevoir des réacteurs sûrs.

L’industrie nucléaire incapable de construire un réacteur sûr
Fait historique : lundi 2 novembre, les autorités de sûreté nucléaire britannique, finlandaise et française ont conjointement fait part d’un très grave problème de sûreté lié à la conception du réacteur EPR à Areva, qui fabrique l’EPR (European Pressurize Reactor), et aux exploitants, en premier lieu EDF.

Le problème relevé par ces trois instances officielles concerne deux systèmes de contrôle, l’un faisant fonctionner le réacteur et l’autre assurant sa sécurité. Ces dispositifs doivent être indépendants afin qu’en cas de défaillance de l’un, l’autre puisse continuer à fonctionner. Or le réacteur EPR est conçu de telle sorte que ces deux systèmes sont étroitement interconnectés. L’ASN relève même que la « complexité » de la conception de l’EPR « rend difficile l’élaboration d’une démonstration de sûreté satisfaisante ». En clair : l’ASN va jusqu’à sérieusement douter qu’il soit possible de régler un tel problème…

« La déclaration conjointe de ces trois autorités de sûreté nucléaire remet fortement en question les deux EPR actuellement en construction dans le monde, l’un à Olkiluoto, en Finlande, et l’autre à Flamanville, en France (Manche), ainsi que le projet d’un EPR à Penly, déclare Yannick Rousselet. Qu’attend la France pour appliquer le principe de précaution au nucléaire et pour arrêter le programme EPR ? »

L’industrie incapable de gérer ses matières nucléaires
L’envoi et le stockage de déchets radioactifs par Areva en Russie depuis trente ans, et la découverte de dizaines de kilos de plutonium « oubliés » sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône) défraient la chronique depuis plusieurs semaines. Jean-Louis Borloo s’est décidé à saisir le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire (HCTISN).

« L’industrie nucléaire montre clairement son incapacité à gérer les matières dangereuses qu’elle manipule et les déchets qu’elle génère, reprend Yannick Rousselet. Il est intolérable que les industriels du nucléaire EDF et Areva continuent en toute impunité leur activité, alors que les responsables politiques et les autorités officielles ont reconnu que ces entreprises mènent leurs activités dangereuses sans transparence. »

Sur son site www.greenpeace.fr, Greenpeace appelle les citoyens à envoyer un email à Jean-Louis Borloo pour lui réclamer un moratoire immédiat sur ces transports. Le ministre fait pour le moment la sourde oreille. Déterminée à s’interposer, Greenpeace a réagi. Le 27 octobre, l’Arctic Sunrise, le brise-glace de Greenpeace, s’est amarré dans le port du Havre et empêche de fait la reprise du trafic de déchets nucléaires vers la Russie.

En France, qui décide : les industriels ou les responsables politiques ?
Face à la multiplication de ces scandales, Greenpeace exige :
- l’arrêt immédiat des chantiers EPR d’Olkiluoto et de Flamanville et l’annulation du projet EPR de Penly ;
- un moratoire sur toutes les exportations de matières nucléaires vers la Russie, au moins le temps que les enquêtes commanditées par Jean-Louis Borloo aboutissent ;
- un droit d’inventaire sur les matières nucléaires : quantité, localisation et flux ;
- la mise en place d’un réel débat démocratique sur l’avenir des politiques énergétiques et de la filière nucléaire française.